La réélection du président béninois Boni Yayi, annoncée vendredi, a été vivement contestée par son principal adversaire à la présidentielle, Adrien Houngbedji, qui a dénoncé des fraudes et revendiqué la victoire.
Vendredi la commission électorale avait annoncé la victoire du président sortant Boni Yayi avec 53% des voix.Cette annonce doit encore être approuvée par le Conseil constitutionnel avant que les résultats soient définitifs.
Après l'annonce déja critiquée vendredi de la victoire du président sortant, Houngbedji avait affirmé qu'il n'allait pas "les bras croisés".Samedi aprés-midi il a annoncé sa victoire et qualifié Boni Yayi de "despote"."Nous avons gagné ces élections, nous réclamons notre du" a-t-il dit devant des journalistes.
"Notre peuple ne renoncera pas à ce qu'il a conquis au prix de luttes héroïques, pour tomber dans la servitude de trafiquants d'election et d'un despote" a-t-il dit.
Samedi matin, les rues de la capitale économique Cotonou étaient calmes au lendemain de l'annonce par la Commission électorale des résultats.Selon elle le président sortant, 58 ans, dont le mandat de cinq ans s'achève le 6 avril, est vainqueur avec 53% des voix dès le premier tour contre 36% à M. Houngbedji.
A Abuja, la communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao) a exprimé samedi sa "profonde préocupation" sur ces tensions et appelé les principaux rivaux à régler leur contentieux par voie légale.Elle a demandé aux leaders politiques de ne pas pousser leurs partisans "(à commettre) des actions qui pourraient ébranler l'intégrité du processus électoral".
Quatorze candidats étaient en lice à la présidentielle du 13 mars qui avait été reportée deux fois en raison d'une préparation chaotique du scrutin.
Vendredi soir, des partisans de l'opposition, membres de la Commission électorale, avaient physiquement tenté d'empêcher le président de cette instance, Joseph Gnonlonfoun, de proclamer les résultats.Des cris et des bousculades s'étaient produits avant l'arrivée de la police.
"Nous ne reconnaissons pas les résultats qu'il veut annoncer.Gnonlonfoun et sa bande veulent simplement mettre le pays à feu et à sang", avait déclaré Edouard Aho, membre de la Commission.M. Gnonlonfoun avait dû annoncer les résultats depuis son bureau.
Venu à Cotonou vendredi, le président nigérian Goodluck Jonathan qui exerce la présidence tournante de la Cédéao, a déclaré que son pays n'accepterait pas un conflit post-électoral chez son voisin béninois au moment où la Côte d'Ivoire se trouve au bord de la guerre civile avec deux présidents proclamés élus.
Samedi, le porte-parole de M. Yayi, Marcel de Souza, a remercié les électeurs et annoncé "des mesures énergiques de lutte contre la pauvreté"."Plus que jamais le président au cours de ce mandat va entrer en proximité avec son peuple", a-t-il dit à l'AFP."Mon candidat par ma voix remercie tout les Béninoises et Béninois qui ont accepté, malgré toute la calomnie et la délation qui ont eu cours, de lui accorder leur voix", a-t-il ajouté qualifiant cette élection de "plébiscite".
Initialement prévu le 27 février, le premier tour avait été retardé d'une première semaine pour permettre la compilation du fichier électronique, utilisé pour la première fois dans ce pays d'Afrique de l'Ouest de 9,2 millions d'habitants.Puis il avait été à nouveau reporté le 4 mars à la demande de la Commission électorale mais aussi de l'ONU et de l'Union africaine.
Malgré ces problèmes d'organisation qui ont persisté le jour du scrutin avec des retards dans l'ouverture de bureaux de vote, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a salué "le déroulement dans le calme et de façon ordonnée" du premier tour et l'Union africaine a qualifié l'élection de "libre et transparente".
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