Le président algérien Abelaziz Bouteflika a annoncé des réformes globales y compris politiques sans avoir apparemment réussi à calmer le bouillonnement de la rue, tentée par les révolutions arabes.
Environ 300 personnes parmi lesquelles se trouvaient pêle-mêle des instituteurs réclamant leur intégration au sein de l'Education nationale et des rapatriés de Libye demandant à être pris en charge comme promis par le ministère des Affaires étrangères, ont manifesté dimanche devant la présidence au lendemain des annonces faites par le chef de l'Etat.
"Nous attendons ses réformes depuis 1999 - date de l'arrivée à la présidence de M. Bouteflika-, clame Delila, 34 ans, chômeuse, venue manifester devant la présidence dimanche.
"J'aimerai bien qu'il (Bouteflika) soit sincère.Il y a trop de corruption à tous les échelons du pouvoir en Algérie", dénonce cette diplômée d'un master en science physique.
Le chef de l'Etat, cité par un de ses conseillers, a promis d'ouvrir une "nouvelle page" sur "la voie des réformes globales", soulignant qu'elles ne sauraient "être fructueuses en l'absence de réformes politiques".M. Bouteflika est président depuis 12 ans, après avoir fait partie du pouvoir, sous influence des militaires, depuis son indépendance de la France en 1962.
En Algérie, les manifestations, essentiellement formées de petits groupes de personnes, se poursuivent sans relâche depuis des semaines en faveur de réformes profondes, sociales et politiques, allant jusqu'au changement de système.
Amine, un jeune mobilisé via Facebook pour réclamer un changement de régime, hausse les épaules devant la grande poste d'Alger."On n'a rien vu de palpable", dit ce cadre de 29 ans à l'AFP."Tout cela, ce sont des solutions de bricolage temporaire et puis on aimerait bien voir le contenu de ses réformes".
Pour le sociologue et économiste Nacer Djabi, "on reste dans l'opacité du pouvoir alors qu'il y a une demande urgente de réformes".
"Le risque, c'est que lorsqu'elles seront prises, elles risquent d'être dépassées en Algérie", dit-il en se référant à la vague de contestation dans le monde arabe qui a balayé deux chefs d'Etat en Tunisie et en Egypte et en menace d'autres.
"0n n'a pas vu Bouteflika s'adresser à son peuple, a-t-il dit, en notant qu'une fois de plus c'est un conseiller qui a lu son message."Et on commence à avoir des doutes sur le sérieux et la profondeur de ses réformes".
Même constat de la part de Fodil Boumala, journaliste, universitaire."Il n'a même pas pris la peine de prononcer lui-même son discours", comme d'ailleurs il ne l'a plus fait depuis 2009."Il envoie un texte", souligne cet ex-membre fondateur de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD).
Pour cet activiste, M. Bouteflika "exprime parfaitement la faillite d'un régime", estime-t-il jugeant que "c'est un président complètement coupé de la réalité de son pays".
La presse algérienne a consacré dimanche peu de commentaires à ce message présidentiel, préférant se pencher sur l'intervention occidentale en Libye, à l'exception du quotidien gouvernemental El Moudjahed qui lui consacre l'essentiel de son édition.
Le journal voit dans ces déclarations présidentielles "une volonté sans faille de conduire le pays vers un Etat fort de ses institutions et de son économie".
A l'opposé, El Watan critique les "vagues promesses" du président algérien: "Aucune prise de risque.Il s'agit surtout de durer, même dans un frigo blindé".
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