Cameroun: un journaliste et un de ses proches poursuivis pour "proxénétisme"

Infos. Un célèbre journaliste camerounais et un de ses proches comparaîtront à partir du 22 juillet devant un tribunal de Douala notamment pour "proxénétisme", après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une sextape impliquant une jeune femme, ont annoncé mercredi à l'AFP un avocat de la plaignante et un membre du parquet.

Cameroun: un journaliste et un de ses proches poursuivis pour "proxénétisme"
En juin, des photos et vidéos d'une jeune femme de 24 ans, prénommée Malicka, entretenant des rapports sexuels dans le bureau de Martin Camus Mimb, directeur de Radio Sport Info, basée à Douala (sud), ont été diffusées sur les réseaux sociaux sans son consentement. Cette affaire a provoqué l'indignation dans le pays.M. Mimb a, dans un premier temps, expliqué que deux visiteurs, Malicka et Wilfrid Eteki, chef traditionnel et ami du journaliste, avaient profité de son absence pour entretenir des rapports sexuels dans son bureau.Mais rapidement accusé lui-même d'avoir pris part aux ébats, M. Mimb a regretté "cette situation malheureuse".M. Mimb et M. Eteki sont poursuivis pour "proxénétisme, publications obscènes, diffamation et cybercriminalité", a déclaré à l'AFP Olivier Moteng, un des avocats de la plaignante. Le début du procès est fixé au 22 juillet, a annoncé à l'AFP un membre du greffe du tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. S'il a demandé "pardon" à Malicka, M. Mimb n'a jamais reconnu sa participation aux ébats et à la publication des images."Nous entendons faire valoir nos arguments et moyens de défense devant le tribunal", a réagi à l'AFP Me Henri Kouokam, membre de l'équipe d'avocats de M. Mimb. Des personnalités du monde politique avaient apporté leur soutien au journaliste, dont un ministre de premier plan qui a par la suite effacé ses propos des réseaux sociaux.Après la diffusion de la sextape, une mobilisation est apparue sur les réseaux sociaux pour dénoncer et sensibiliser sur les violences sexuelles et sexistes.Marie Thérèse Abena Ondoua, ministre de la Promotion de la femme et de la famille, a pour sa part dénoncé des "actes abominables et malsains qui font de la jeune femme un objet et un objet sexuel sans valeur". Le Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap) avait estimé en janvier 2016 que plus d'un tiers des femmes au Cameroun avaient subi des cas de viol ou d'agression sexuelle dans leur vie.La Commission des droits de l'Homme du Cameroun a condamné le 7 juillet avec "force la capture et la diffusion à travers les réseaux sociaux (...) d'images et de vidéos indécentes, choquantes ou violentes, qui portent gravement atteinte à la dignité humaine".

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