Le gouvernement camerounais avait admis en avril 2020 que 13 civils avaient été tués par des militaires épaulés par une milice de l'ethnie peule dans le quartier de Ngarbuh du village de Ntumbaw, dans la région du Nord-Ouest. Pour l'ONU, au moins 23 civils, dont quinze enfants (neuf de moins de 5 ans) et deux femmes enceintes, avaient été tués.Le régime du président Paul Biya, 88 ans dont plus de 38 au pouvoir, avait longtemps nié la responsabilité de son armée dans ce drame avant d'ordonner une enquête et de faire arrêter trois militaires, sous d'intenses pressions internationales.Le procès a débuté le 17 décembre 2020. Après plusieurs renvois, les militaires, poursuivis pour "meurtre, incendie et destruction, violence sur femmes enceinte, violation de consigne", ont tous plaidé "non coupable".Un premier témoin de l'accusation a été auditionné jeudi par le tribunal militaire de Yaoundé durant plus de trois heures avant que l'audience ne soit suspendue et renvoyée au 15 juillet. Dans sa déposition, Mohamed Nfor, le chef traditionnel de Ntumbaw, a indiqué que 21 personnes, dont un séparatiste, avaient été tuées lors de l'opération militaire de Ngarbuh.Selon le chef traditionnel, six maisons, dont cinq occupées par des fermiers et des agriculteurs, avaient été incendiées lors de l'assaut, la dernière appartenant à un séparatiste qu'il a présenté comme un des "pionniers" de la lutte armée engagée par des groupes pour l'indépendance du Cameroun anglophone.Les violences dans les deux régions anglophones Nord-Ouest et Sud-Ouest, où s'affrontent depuis trois ans des groupes rebelles séparatistes et les forces de sécurité, ont fait plus de 3.000 morts et 700.000 déplacés.
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