T-shirt noir et barbe apparente sous son masque de protection anti-Covid, Abdalla El Hamahmi comparaît pour "tentative d'assassinats terroriste sur personnes dépositaires de l'autorité publique" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".Cet homme marié, père d'un nourrisson à l'époque des faits, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.Le 3 février 2017, ce jeune cadre commercial d'une entreprise basée à Dubaï se précipite, armé de deux machettes, vers quatre militaires en patrouille dans la galerie marchande du musée du Louvre. Il blesse légèrement l'un d'eux au cuir chevelu avant d'être grièvement blessé par balle au ventre par un tir de riposte d'un des membres de la patrouille.L'attaque, qui s'inscrivait dans la série d'attentats jihadistes secouant la France depuis 2015, n'a pas été revendiquée.Mais le dernier tweet publié par l'assaillant reprenait une citation extraite d'un discours prononcé par Abou Mohammad Al Adnani, l'ancien porte-parole du groupe Etat islamique (EI). Lors de ses interrogatoires, l'accusé, qui s'était présenté dans un premier temps comme un partisan de l'EI avant de revenir sur ses propos, a affirmé avoir agi seul, évoquant un "projet personnel" et assurant n'appartenir à aucune mouvance.Il a notamment expliqué avoir voulu initialement mener une action symbolique contre la France, en dégradant des oeuvres du musée du Louvre avec des bombes de peinture, retrouvées dans son sac à dos.L'objectif était, a-t-il précisé, d'alerter la France et "le monde occidental" sur la situation en Syrie, "où des enfants meurent quotidiennement".Quatre ans plus tard, Abdalla El Hamahmi, parle d'une voix posée et calme en arabe, par le biais d'une interprète.Il raconte son enfance "tout à fait banale", ses études de droit, son goût pour le sport, son "coup de foudre" pour la femme qui deviendra son épouse et sa "joie immmense" à la naissance de son fils, mais aussi sa révolte contre l'injustice et "la pauvreté extrême de certains".Cette "sérénité existentielle" est incompatible avec la "volonté de commettre un acte spectaculaire lancé à la face du monde", selon les experts psychiatres qui évoquent une "énigme".Les enquêteurs ont de leur côté relevé des contradictions et des zones d'ombres. Pourquoi avoir apporté des machettes si l'objectif initial était de taguer des oeuvres d'art ?L'épluchage des réseaux sociaux a aussi permis de montrer que l'accusé "adhérait à un islam radical d'inspiration salafiste", a estimé une commissaire de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure, service de renseignement) qui a qualifié son profil "d'atypique". Preuve en est, une note de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure) portant sur une "vidéo d'allégeance" dans laquelle l'accusé "tient un discours sans ambiguïté, annonce son prochain passage à l'acte, dit répondre à l'appel de l'Etat islamique et déclare se considérer comme un soldat du califat", a-t-elle poursuivi.Le procès est prévu pour durer jusqu'à jeudi.
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