Le président de Chadema, Freeman Mbowe, a été arrêté tôt mercredi matin, ainsi qu'une douzaine d'autres membres du parti, dans la ville de Mwanza (nord-ouest), une détention qui rappelle les méthodes de l'ancien président John Magufuli, décédé en mars. La police a perquisitionné la maison de M. Mbowe, transféré dans la capitale économique Dar es Salaam, et saisi son ordinateur ainsi que d'autres équipements appartenant à sa famille, a dit jeudi Chadema. "Nous avons reçu des informations choquantes selon lesquelles Mbowe sera poursuivi pour terrorisme, de même que les autres suspects", a écrit Chadema sur Twitter.Le commandant régional de la police, Ramadhan Ngh'anzi, a déclaré à des journalistes que M. Mbowe était désormais "en sécurité au commissariat central de Dar es Salaam" mais qu'il allait être renvoyé à Mwanza. Cette arrestation des opposants, qui avaient appelé à un rassemblement pour demander des réformes constitutionnelles dans une ville où toutes les manifestations sont interdites dans le cadre de la lutte contre le Covid, intervient quatre mois après la prise de fonction de la nouvelle présidente, Samia Suluhu Hassan. Depuis son investiture, Mme Hassan a amorcé une rupture avec son prédécesseur, se disant notamment prête à défendre la démocratie et les libertés fondamentales.Amnesty International a qualifié d'"arbitraires" ces arrestations, et estimé qu'elles reflétaient les pressions croissantes contre l'opposition en Tanzanie, pays perçu comme stable dans une région est-africaine troublée. "Les autorités tanzaniennes doivent arrêter de cibler l'opposition et d'essayer de restreindre l'espace dans lequel elle peut opérer", a déclaré Flavia Mwangovya, directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique de l'Est. L'ONG ajoute que ces arrestations témoignent d'un "mépris de l'Etat de droit et des droits humains, dont le droit d'expression et d'association". Mercredi, les Etats-Unis ont affirmé que ces arrestations étaient "très inquiétantes". Dans la foulée des élections d'octobre 2020, au moins 150 membres et dirigeants de l'opposition, qui avait dénoncé des fraudes massives et contesté les résultats, avaient été arrêtés, selon l'ONU.
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