Kenya: le président critique la justice après le blocage d'une réforme constitutionnelle

Infos. Le président kényan Uhuru Kenyatta s'en est publiquement pris mardi à la justice quelques semaines après le blocage de son projet de modifier la constitution à un an de l'élection présidentielle.

Kenya: le président critique la justice après le blocage d'une réforme constitutionnelle
Lors d'un discours prononcé à l'occasion de Madaraka Day, qui célèbre l'indépendance du pays en 1963, M. Kenyatta est revenu sur plusieurs décisions judiciaires qui l'ont personnellement touché ces dernières années. En 2017, la Cour suprême a pris la décision historique d'annuler sa victoire à l'élection présidentielle en raison d'irrégularités de grande ampleur, obligeant M. Kenyatta à se représenter lors d'un deuxième vote, boycotté par l'opposition. Mi-mai, la Haute Cour a jugé que son projet de réforme constitutionnelle, connu sous le nom de "Building Bridges Initiative" (BBI) et qui vise notamment à créer un poste de Premier ministre, était illégal, au motif que le chef de l'Etat ne pouvait prendre l'initiative de ce type de révision."Depuis l'annulation de l'élection présidentielle en 2017 jusqu'à une tentative de bloquer la volonté du peuple telle qu'elle est exprimée à travers la BBI, la justice a mis à l'épreuve nos limites constitutionnelles mais ne les a pas brisées", a dit le président dans un discours retransmis à la télévision. "Nous devons respecter la règle de droit et obéir aux décisions des tribunaux mais la voix souveraine et suprême du peuple du Kenya doit aussi être suivie", a-t-il dit.M. Kenyatta s'adressait à la foule de Kisumu (Ouest), un bastion de l'opposition où s'étaient réunis des centaines de ses partisans, la plupart sans masque, malgré l'augmentation des cas de Covid-19 dans cette ville où le variant Delta, initialement apparu en Inde, a été détecté pour la première fois au Kenya. Le projet BBI propose de modifier la Constitution de 2010, qui avait instauré un régime présidentiel, en créant notamment, outre un poste de Premier ministre, deux postes de Premier ministre adjoint et un poste de chef de l'opposition. Cette modification permettrait d'atténuer le système actuel du "vainqueur rafle tout", auquel M. Kenyatta impute les conflits post-électoraux dans le pays.Mais elle suscite la controverse, ses détracteurs y voyant notamment un stratagème de M. Kenyatta, qui n'est pas autorisé à se présenter pour un troisième mandat en 2022, pour se maintenir au pouvoir en tant que Premier ministre.Le gouvernement a fait appel de la décision de la Haute Cour.

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