Tanzanie: un leader de l'opposition poursuivi pour "terrorisme"

Infos. Un tribunal tanzanien a décidé lundi de poursuivre pour terrorisme un des leaders de Chadema, principal parti d'opposition, dont l'arrestation la semaine dernière a refroidi les espoirs d'observer un renouveau démocratique sous la nouvelle présidence.

Tanzanie: un leader de l'opposition poursuivi pour "terrorisme"
Le président de Chadema, Freeman Mbowe, a été arrêté mercredi au petit matin avec une douzaine d'autres membres du parti, un coup de filet qui a rappelé les méthodes musclées de l'ancien président John Magufuli, décédé en mars. La procureure générale, Ester Martin, a affirmé lundi soir à des journalistes, après l'audience, que M. Mbowe était poursuivi pour "financement du terrorisme" et "complot terroriste". Tundu Lissu, qui fut le candidat de Chadema lors des élections présidentielles d'octobre 2020, a qualifié mardi ces poursuites de "fallacieuses". "Un gouvernement qui utilise la loi comme une arme criminelle contre son opposition démocratique ne mérite aucun soutien de la communauté internationale", a déclaré sur Twitter M. Lissu, exilé en Belgique. Freeman Mbowe, 59 ans, a été arrêté avec ses compagnons lors d'un raid de la police à Mwanza, une ville du nord-ouest où ils prévoyaient un rassemblement pour demander des réformes constitutionnelles, malgré les restrictions imposées par les autorités en raison de la pandémie de coronavirus.Le parquet a affirmé que ces charges n'étaient pas liées au rassemblement de Mwanza mais à des faits remontants à l'année dernière, ailleurs en Tanzanie. "M. Mbowe savait qu'on enquêtait sur lui pour terrorisme, et il est parti pour Mwanza en sachant qu'il allait être arrêté", a de son côté déclaré lundi soir David Misime, le porte-parole de la police. Ce dernier avait indiqué jeudi que M. Mbowe était soupçonné de "fomenter des actes terroristes, dont le meurtre de dirigeants gouvernementaux". M. Mbowe est actuellement détenu à Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, où sa maison a été perquisitionnée et des ordinateurs et d'autres équipements ont été saisis. Selon Chadema, la famille de M. Mbowe et ses avocats avaient été informés qu'il serait transféré à l'hôpital pour des examens de santé mais il a, à l'inverse, été "emmené discrètement au tribunal", en l'absence de ses représentants légaux. Ces poursuites interviennent quatre mois après l'arrivée au pouvoir de Samia Suluhu Hassan, qui a succédé à l'ancien président Magufuli.Depuis son investiture, Mme Hassan a amorcé une rupture avec son prédécesseur, dont la présidence fut marquée par un virage autoritaire, se disant notamment prête à défendre la démocratie et les libertés fondamentales.Ces arrestations ont été condamnées par des groupes de défense des droits et des membres de l'opposition, pour qui elles montrent une continuité du régime. La semaine dernière, les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude après l'arrestation de M. Mbowe, et appelé Mme Hassan à respecter les libertés des Tanzaniens. Qualifiant le régime de "dictature", M. Lissu a appelé les partenaires internationaux de la Tanzanie à ne pas en être "complices". La prochaine audience est prévue le 5 août.

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