La Cédéao veut que l'ONU renforce le mandat de sa mission en Côte d'Ivoire

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ABUJA (AFP)

Les dirigeants ouest-africains ont appelé jeudi l'ONU à renforcer le mandat de sa mission en Côte d'Ivoire (Onuci) et à imposer des sanctions "plus contraignantes" à l'encontre du président sortant Laurent Gbagbo.

A l'issue d'un sommet ordinaire de deux jours à Abuja, les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays), ont lancé cet appel alors que la crise post-électorale en Côte d'Ivoire s'aggrave et que l'on craint une guerre civile.

La Cédéao "demande au Conseil de sécurité des Nations unies de renforcer le mandat de (l'Onuci) lui permettant d'utiliser tous les moyens nécessaires pour protéger la population et les biens et pour faciliter le transfert immédiat du pouvoir à monsieur Alassane Ouattara", selon un communiqué final.

L'Onuci, forte de 10.000 hommes, est dans une situation délicate.Sous le feu des critiques du camp Gbagbo qui exige son départ immédiat, la désignant comme un "ennemi de la Côte d'Ivoire" et partiale, elle est régulièrement la cible d'attaques de partisans de M. Gbagbo.

La mission a aussi essuyé récemment de virulentes critiques du camp d'Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale, qui l'exhorte à "passer à l'action" et à "user de la force légitime" pour protéger les populations civiles prises dans les violences.

Depuis la présidentielle de novembre 2010, 462 personnes ont été tuées selon l'ONU, dont 52 durant la semaine écoulée.

La communauté internationale presse depuis des mois et sans succès Laurent Gbagbo de céder la présidence à son adversaire.

Des centaines de milliers d'Ivoiriens ont fui leur domicile et jeudi, des tirs à l'arme lourde ont été entendus à Abobo, quartier d'Abidjan considéré comme un fief des insurgés favorables à M. Ouattara, selon des témoins.

Le sommet de la Cédéao "demande également au Conseil de sécurité des Nations unies de prendre des sanctions internationales ciblées plus contraignantes à l'encontre de monsieur Gbagbo et de ses partisans".

Ces déclarations interviennent trois mois après que la Cédéao avait menacé d'employer la force pour chasser du pouvoir M. Gbagbo si celui-ci s'obstinait à rester à la présidence.

Une intervention militaire a toujours été présentée comme un "dernier recours" et a fait l'objet de désaccords au sein de la communauté ouest-africaine.

 Le président guinéen Alpha Condé, absent du sommet, s'est prononcé jeudi, depuis Paris, contre une "intervention militaire" en Côte d'Ivoire, tout en affirmant oeuvrer pour une harmonisation de la position des Africains en faveur d'un départ de Laurent Gbagbo.

"Ma position est celle de l'Union africaine.Il faut respecter le verdict démocratique.Mais l'intervention militaire n'est pas la bonne solution", a-t-il déclaré au cours d'une rencontre avec des journalistes.

La Cédéao a semble-t-il voulu s'exprimer en des termes forts face à une situation préoccupante pour toute la région, mais l'adoption, par le conseil de sécurité de l'ONU, des mesures demandées, est loin d'être garantie.

Alex Vines, directeur du programme Afrique de l'institut britannique Chatham House, a estimé dans la matinée que l'ONU "ne peut pas faire grand chose de plus".

 "Nous n'allons pas voir une situation similaire à la Libye, avec des zones d'exclusion aérienne etc", a-t-il souligné."Ca n'est pas une bonne nouvelle pour l'Ivoirien moyen" qui risque de voir la situation se dégrader, a jugé M. Vines, mettant en garde contre "un danger réel que cela se transforme en une guerre civile".

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