Les troupes pro-TPLF ont repris lundi Mekele, capitale de la région en guerre du Tigré, marquant un tournant majeur après près de huit mois de conflit entre les anciennes autorités régionales et le gouvernement fédéral.Addis Abeba avait décrété dans la foulée un "cessez-le-feu unilatéral"."La décision de suspendre les hostilités a été prise unilatéralement, de notre côté. Mais bien sûr, pour mettre pleinement en oeuvre un cessez-le-feu, il faut être deux, comme au tango", a déclaré jeudi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Dina Mufti, lors d'une conférence de presse."C'est à la partie adverse de réagir pour permettre la mise en oeuvre effective du cessez-le-feu", a-t-il insisté.La ville de Mekele était sous le contrôle de l'armée fédérale depuis le 28 novembre, trois semaines après le lancement par le Premier ministre Abiy Ahmed - prix Nobel de la paix 2019 - d'une offensive pour renverser les autorités locales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qu'il accusait d'avoir attaqué des soldats fédéraux.Les soldats éthiopiens étaient épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l'Amhara et par des soldats venus d'Erythrée, pays frontalier du Tigré.En l'espace d'une dizaine de jours, les rebelles pro-TPLF ont inversé de manière spectaculaire le rapport de forces sur le terrain.Ils ont lancé leur offensive le 18 avril, à trois jours des élections nationales très attendues, qui se sont tenues dans une grande partie de l'Ethiopie.Les forces pro-TPLF, appelées Forces de défense du Tigré (TDF), ont pénétré lundi soir dans Mekele, que l'armée et l'administration avaient désertée plus tôt dans la journée face à l'avancée rebelle.Les TDF, qui bénéficient selon les observateurs d'un large soutien populaire, ont continué de gagner du terrain et, selon le centre de réflexion International Crisis Group (ICG) contrôlent désormais la majeure partie du Tigré.Mardi soir, Getachew Reda, un porte-parole des forces rebelles, a qualifié le cessez-le-feu de "blague", allant jusqu'à menacer de "marcher" sur les capitales de l'Ethiopie et de l'Erythrée, frontalière du Tigré et dont les troupes sont intervenues dans le conflit, pour défendre la région.Il s'est félicité d'avoir remporté à Mekele une victoire militaire contre les forces fédérales, affirmant que leurs "éléments les plus forts" ont été anéantis.Le conflit a déjà fait des milliers de morts. Selon l'ONU, au moins 350.000 personnes se trouvent en situation de famine dans la région - ce que conteste le gouvernement éthiopien.
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