Crise en Côte d�??Ivoire : quel rôle pour l�??ONU ?

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Interdire l'utilisation d'armes lourdes à Abidjan : c'est l'objectif affiché de Nicolas Sarkozy. Le président français, qui se dit « vivement préoccupé » par la situation en Côte d'Ivoire, a annoncé que Paris entendait déposer un projet de résolution en ce sens au Conseil de sécurité des Nations-Unies. "Il serait choquant d'occulter le drame vécu par la population d'Abidjan", a-t-il expliqué.Depuis la présidentielle de novembre 2010, 462 personnes ont été tuées selon l'ONU, dont 52 durant la semaine écoulée. Quelque 500.000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays et plus de 90.000 ont fui le pays. Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) estime que le nombre de déplacés pourrait atteindre le million de personnes. Par ailleurs, la situation humanitaire inquiète de plus en plus les ONG : l'accès aux soins et aux médicaments, entravé par l'embargo, est de plus en plus difficile.Alors que la Côte d'Ivoire semble basculer jour après jour un peu plus dans la guerre civile, la communauté internationale semble se tourner de plus en plus vers l'ONU pour régler une crise qui dure désormais depuis quatre mois. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays) ont appelé hier les Nations-Unies à renforcer le mandat de sa mission ivoirienne, et à imposer des sanctions plus contraignantes à l'encontre du président sortant Laurent Gbagbo. L'Onuci de plus en plus critiquéeLa mission de l'ONU, l'Onuci, forte de 10.000 hommes, est désormais la cible de critiques de la part des deux camps. Les partisans de Laurent Gbagbo exigent son départ immédiat, la désignant comme un "ennemi de la Côte d'Ivoire" et comme partiale. Les pro-Ouattara, eux, l'ont récemment exhortée à "passer à l'action" et à "user de la force légitime" pour protéger les populations civiles prises dans les violences.Mais l'option militaire est-elle une bonne idée ? Le gouvernement du président sortant Laurent Gbagbo affirme que la "force" est "une voie sans issue", et appelle à un "dialogue interivoirien", tout en précisant que « le partage du pouvoir n'est pas la solution ». Le président guinéen, Alpha Condé, juge également que « l`intervention militaire n`est pas la bonne solution » et prône une issue diplomatique à la crise.En attendant, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a décidé de créer une commission d'enquête internationale indépendante sur les violations qui auraient été commises depuis la présidentielle de fin novembre. Une résolution en ce sens, initiée par le groupe des pays africains, a été adoptée par consensus des 47 membres du Conseil. Le texte réclame « une commission d'enquête internationale et indépendante [...] afin de mener des investigations sur les faits et les circonstances concernant des allégations de sérieux abus et violations des droits de l'homme ». Il s'agit « d'identifier les responsables de ces actes et de les traduire en justice ». Il recommande aussi que l'Assemblée générale de l'ONU transmette ces résultats à « toutes les instances pertinentes ». Cela pourrait concerner, selon un diplomate occidental, la Cour pénale internationale (CPI).Clémence Mortier

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