Eswatini: la monarchie critiquée pour la répression, accuse des "éléments étrangers"

Infos. L'Afrique du Sud et le Royaume-Uni ont critiqué jeudi la violente répression des manifestations contre la monarchie en Eswatini, le gouvernement de ce petit pays d'Afrique australe accusant des "éléments étrangers" et des "terroristes" de semer le trouble.

Eswatini: la monarchie critiquée pour la répression, accuse des "éléments étrangers"
La dernière monarchie absolue d'Afrique, anciennement appelée Swaziland, est secouée depuis quelques semaines par des heurts entre policiers et manifestants. Plusieurs personnes ont été tuées et des dizaines blessés, selon les militants pro-démocratie. L'accès à internet est limité depuis mardi. Le gouvernement a instauré un couvre-feu et déployé l'armée, officiellement "pour protéger les infrastructures nationales sensibles et faire appliquer les mesures contre le Covid", a déclaré dans un communiqué le Premier ministre, Themba Masuku.Jeudi à Mbabane, les commerces et les banques étaient fermés, les stations service à court d'essence, selon un correspondant de l'AFP. Des files de personnes tentant de se réapprovisionner s'allongeaient devant les supermarchés. Dans la journée, quelques coups de feu ont retenti.L'Afrique du Sud, puissance régionale dont dépend ce pays enclavé pour son approvisionnement, a exhorté "les forces de sécurité à faire preuve d'une retenue totale et à préserver les vies et les biens". Le ministre britannique pour l'Afrique, James Duddridge, a déclaré sur Twitter que "l'escalade de la violence, y compris les pillages, est profondément préoccupante". La veille, les Etats-Unis ont demandé aux autorités de "faire preuve de retenue". La protestation, qui couvait depuis des semaines, est montée en puissance lundi. Ces derniers jours, des centaines de jeunes en colère ont pillé et brûlé des magasins. "Ces actes ne sont pas le fait d'Eswatiniens, mais de terroristes et de voyous", a argué à la radio nationale le Premier ministre, demandant aux habitants du pays de "ne pas se laisser duper par des éléments étrangers". Selon des militants pro-démocratie en début de semaine, au moins huit personnes ont été tuées et des dizaines blessées lors d'affrontements avec la police. Mais le bilan pourrait être plus élevé, selon le secrétaire général du Front démocratique uni du Swaziland (SUDF), Wandile Dludlu, "plus de quarante cadavres ont été déposés dans plusieurs morgues", a-t-il déclaré à l'AFP. Le gouvernement n'a "pas encore reçu de rapport officiel sur les décès présumés", mais une enquête sera menée, a assuré M. Masuku. Les manifestations sont rares dans ce pays où le roi nomme les ministres, contrôle le Parlement et où les partis politiques sont interdits depuis près de 50 ans. Des vidéos non vérifiées sur les réseaux sociaux montrent la police dispersant violemment les manifestants. "Ces gens ne sont pas armés", a souligné M. Dludlu, dénonçant une répression digne d'une "dictature". Des témoignage recueillis par l'ONG Human Rights Watch (HRW), décrivent "des tirs indiscriminés sur les manifestants" et "des violences par des manifestants".Couronné en 1986, Mswati III, qui a 15 femmes et plus de 25 enfants, est décrié pour sa poigne de fer et son train de vie fastueux dans un pays dont les deux tiers de la population d'1,3 million vit sous le seuil de pauvreté.

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