Harare serait de nouveau autorisé à vendre ses diamants, une décision contestée

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HARARE (AFP)

Le président du Processus de Kimberley a autorisé le Zimbabwe à vendre les diamants extraits des mines de Marange, dans l'est du pays, a déclaré vendredi le vice-ministre des Mines zimbabwéen, Gift Chimanikire, mais la décision est contestée.

Le Conseil mondial du diamant, qui réunit les industriels du secteur, a en effet appelé ses membres à éviter toute transaction après que les Etats-Unis, le Canada, Israël et l'Union européenne eurent mis en doute la validité de cette décision.

Le Conseil, basé à New York, "conseille à ses membres de l'industrie mondiale du diamant de s'abstenir d'acheter et d'exporter des marchandises de la région jusqu'à ce que la situation et le statut de ces marchandises deviennent plus clairs".

Le Processus de Kimberley, un système de certification internationale qui travaille à éliminer du marché les "diamants du sang", prend généralement ce genre de décisions par consensus lors de réunions régulières.

Mais son président actuel, le Congolais Mathieu Yamba, semble avoir pris sa décision de manière unilatérale, soulevant des questions quant à la validité de sa démarche.

"L'autorisation de vendre (les diamants) a été donnée par le président", a souligné à l'AFP le ministre zimbabwéen, qui s'est dit incapable de préciser quand les ventes auraient effectivement lieu.

La décision a, selon lui, probablement été prise en février, lors d'une visite du ministre zimbabwéen des Mines Obert Mpofu en République démocratique du Congo, où il a rencontré M. Yamba.

Kinshasa assure actuellement la présidence tournante du Processus de Kimberley, et entretient d'excellentes relations avec Robert Mugabe, le président zimbabwéen.

Les mines de Marange, considérées comme les plus riches découvertes en Afrique depuis des décennies, ont été envahies par l'armée zimbabwéenne en 2008.Les soldats ont alors violemment expulsé des milliers de mineurs, avant de forcer des civils à faire le travail.

Quelque 200 personnes y ont été tuées, et d'autres battues ou violées, selon les groupes de défense des droits de l'homme.

Le Processus de Kimberley a décrit "des actes de violence horribles et inacceptables commis par les autorités contre les civils".

La décision de M. Yamba "est très décevante", a commenté Elly Harrowell, responsable des diamants à l'organisation non-gouvernementale Global Witness, associée au Processus de Kimberley.

"Toutes les décisions prises par le Processus de Kimberley le sont sur la base d'un consensus à 100% entre tous ses membres", a-t-elle souligné.

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