"Les juges ont acquitté aujourd'hui (lundi) toutes les personnes poursuivies pour assassinat du général Delphin Kahimbi", a déclaré à l'AFP Me Mulumba Tshivuadi, avocat de Brenda Nkoy, veuve de l'officier et principale accusée dans cette affaire.Une dizaine de personnes étaient poursuivies dans ce procès ouvert le 3 mai à la prison de Makala. Parmi les accusés figuraient l'épouse et la belle-mère du défunt général, un élément-clé de l'appareil sécuritaire sous l'ancien président Joseph Kabila (2001-2019).Le procureur avait requis la peine de mort pour assassinat contre Mme Nkoy et 20 ans de prison pour les autres accusés, a indiqué Me Mulumba.Le procureur a pourtant été "incapable de fournir la moindre preuve matériel" pour prouver la culpabilité de la veuve, a estimé l'avocat.Pour Me Mulumba, "la justice a été dite. C'est un soulagement, vive l'état de droit", s'est-il réjoui.Chef du renseignement militaire, sous sanction de l'Union européenne (UE), le général Delphin Kahimbi est décédé brutalement le 28 février 2020 à l'âge de 50 ans.Ce jour-là, sa veuve (Mme Brenda Nkoy) avait alors déclaré à l'AFP que l'officier est décédé "d'une crise cardiaque" à son domicile.Le 7 mars, le président congolais Félix Tshisekedi avait affirmé de son côté que le général Kahimbi était mort par "pendaison", une semaine après sa mise à l'écart."Après l'acquittement aujourd'hui des prévenus (dans) le procès des assassins présumés du général Delphin Kahimbi, la question demeure, s'agissait-il d'un meurtre ou suicide?", s'est interrogé sur twitter Carine Dikiefu, chercheuse pour l'ONG américaine Human rights watch (HRW)."Nous demandons à la justice militaire de poursuivre les enquêtes afin de découvrir les vrais assassins du général", a réagi auprès de l'AFP, Emmanuel Cole, un militants des droits de l'homme dont l'organisation a suivi cette affaire."Il y a eu certainement des commanditaires et des exécutants, il revient à la justice de tout faire pour les découvrir", a ajouté M. Cole, très impliqué dans la défense des droits des prisonniers. Nommé à l'époque de l'ancien président Joseph Kabila, M. Kahimbi était l'un des douze officiels congolais sous sanctions européennes pour atteintes aux droits de l'homme dans les dernières années de l'ancien régime (2015-2018).Dans la semaine ayant précédé sa mort, il avait été suspendu de ses fonctions et entendu par le Conseil national de sécurité(CNS), selon des sources concordantes.Resté en place après l'investiture de M. Tshisekedi en janvier 2019, le général Kahimbi était accusé d'avoir mis en place "un système d'écoute des autorités", d'après une source militaire.
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