Les Centrafricains se sont rendus aux urnes dimanche pour élire leurs députés au second tour d'élections législatives dont l'issue laisse peu de doute, l'opposition boycottant le scrutin.
3.800 bureaux de vote étaient ouverts pour permettre d'élire 69 des 105 députés.35 sièges ont été pourvus au premier tour, le 23 janvier, dont 26 pour le seul parti Kwa Na Kwa (KNK, le travail rien que le travail) du président François Bozizé.
Ce dernier, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2003, élu en 2005, a été réélu avec 64,37% des voix dès le premier tour regroupant présidentielle et législatives.
Huit sièges ont été obtenus par des indépendants, dont cinq sont proches de M. Bozizé, et un seul par l'opposition.
Par ailleurs, une circonscription devait revoter à Birao (nord) et les résultats d'une autre à Boganda (sud), où les bulletins ont été dépouillés tardivement, ne sont pas connus.
Les opérations de vote qui devaient débuter dimanche à O6H00 (O5H00 GMT), ont commencé avec du retard dans la capitale, à constaté un journaliste de l'AFP, où durant la journée les longues files d'attentes visibles lors du premier tour des élections de janvier étaient inexistantes cette fois.Selon le rapporteur général de la Commission électorale indépendante (CEI), elles ont pris fin sur l'ensemble du territoire vers 17H30 (16H30 GMT) après les 10H00 d'ouverture continue réglementaires et se sont déroulées sans qu'"aucun incident grave" ne soit signalé.
"Nous sommes satisfaits de la participation du peuple centrafricain à ce second tour", a déclaré le rapporteur Rigobert Vondo, signalant que "s'agissant du taux de participation il est encore trop tôt pour avancer un quelconque chiffre mais je précise que c'est un deuxième tour des législatives, pas de la présidentielle".
"Si les citoyens ne votent pas, ils doivent s'attendre à ce que leurs droits ne soient pas défendus et tant pis pour eux", a déclaré Freddy Mouakaouada, un électeur à l'école St Paul, à Bangui.
"J'ai voté au premier tour, mais je suis parvenu à la conclusion que les résultats ont été bien loin de la réalité", a de son côté estimé Jean-Marc Tembé, cadre banguissois de 41 ans, ajoutant qu'il avait refusé de voter lors de ce second tour "parce que voter c'est légitimer un parlement monocolore".
L'opposant Martin Ziguélé (3e à la présidentielle avec 6,80%) a quant à lui jugé dimanche qu'il y avait "peu d'engouement des électeurs".Il y a vu le signe que le boycott auquel appelait l'opposition avait été "suivi".
M. Ziguélé (2001-2003) est membre de la plate-forme de l'opposition, le Front pour l'annulation et la reprise des élections (Fare-2011) qui regroupe trois des quatre candidats malheureux à la présidentielle, dont l'ex-président Patassé (2e, avec 21,41%).
Le Fare a appelé au boycott du scrutin de dimanche et refuse de reconnaître les résultats des élections de janvier, accusant le pouvoir de fraude.
M. Ziguélé avait estimé que "l'objectif de Bozizé est d'obtenir une majorité absolue avec des gens de sa famille pour faire sauter le verrou constitutionnel des deux mandats (du président).Il a besoin d'une majorité des deux tiers".
L'opposition "a participé au premier tour, tout le monde le sait, mais devant la déroute infligée par le peuple qui s'est prononcé en majorité pour les candidats KNK, l'opposition a choisi la forfaiture", avait acusé de son côté Fidèle Ngouandjika, directeur de campagne de François Bozizé.
Les résultats devraient être connus dans les huit jours et la Cour constitutionnelle a quinze jours pour les valider ou non.
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