"On ne peut plaider alors que cet homme se meurt devant nos yeux", ont affirmé ses avocats, tandis que le juge de la Cour d'appel de Casablanca, insistait au contraire pour démarrer les débats au plus vite.Le rédacteur en chef du journal Akhbar Al Yaoum --en banqueroute depuis mi-mars-- est poursuivi pour "agression sexuelle" après une plainte déposée par un militant LGBT pour des faits qu'il conteste. Il refuse obstinément de s'alimenter pour protester contre "la grande injustice" de sa détention préventive depuis un an, la justice ayant rejeté toutes ses demandes de remises en liberté provisoire depuis son interpellation fin mai 2020.Jeudi, son apparition titubante, corps amaigri, peau sur les os, a saisi la salle d'audience, dans un silence rompu par les sanglots de sa famille."Vous pouvez me sortir de prison pour me renvoyer chez moi, mais moi seul qui décide d'aller de la prison au tombeau", a-t-il lancé au juge."Sa place est dans un hôpital" a imploré une de ses avocates, Souad Brahma. Il "n'arrive ni à parler, ni réfléchir, pas même à s'assoir droit sur sa chaise", a insisté son confrère Mohamed Messaoudi. Pour leur part, le juge comme le procureur estimaient que "le choix personnel de l'accusé ne pouvait entraver le début du procès". Le juge a cependant dû se résoudre à renvoyer une nouvelle fois l'audience après que le journaliste a pris la parole pour dire: "Je n'en peux plus. Je souhaite retourner mourir en prison".La justice a refusé une nouvelle demande de remise en liberté. Jeudi matin, la Cour d'appel a également refusé la sixième demande de liberté provisoire d'un autre journaliste, Omar Radi, en détention préventive depuis dix mois pour une double affaire de "viol" et d'"atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat".MM. Radi et Raissouni clament leur innocence, leurs soutiens dénoncent des "procès politique" destinés à faire taire les voix critiques. Les autorités marocaines, elles, mettent en avant l'indépendance de la justice et la conformité des procédures.Leurs cas mobilisent au Maroc et à l'international: des défenseurs des droits humains, des intellectuels, des hommes politiques et des journalistes réclament qu'ils soient jugés en état de liberté, comme le permet la procédure pénale.
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