Présidentielle en Zambie: à Lusaka, l'opposition rase les murs

Infos. Cette jeune Zambienne piaffe d'impatience, elle va voter pour la première fois jeudi pour élire un président.Mais Anita Chabala se fait discrète: il n'est pas bon de s'afficher en rouge, couleur de l'opposition, ces jours-ci.

Présidentielle en Zambie: à Lusaka, l'opposition rase les murs

"Je pourrais me faire agresser", confie à l'AFP la jeune femme de 21 ans, en T-shirt violet et jeans, croisée dans les rues animées de la capitale Lusaka. 

"Pour le moment, on nous a conseillé de ne pas porter d'insignes" du principal parti d'opposition, l'UPND, derrière le candidat Hakainde Hichilema, surnommé "HH", un homme d'affaires autodidacte qui se présente pour la sixième fois.

Certains militants de l'opposition vont jusqu'à porter du vert, couleur du Front patriotique (PF) du président sortant Edgar Lungu, pour éviter d'être pris pour cible par leurs rivaux. 

Avec humour, ils ont baptisé ce déguisement la tactique "de la pastèque". 

Dans les rues de la capitale, qui concentre quelque trois millions des 17 millions de Zambiens, le vert domine clairement le rouge de l'opposition, sur les affiches placardées au mur ou bandelettes enroulées autour des lampadaires, en amont de l'élection jeudi qui s'annonce particulièrement serrée entre les deux principaux candidats.

Le visage de M. Lungu, un homme grand et mince, grimace sur les panneaux d'affichage surplombant la circulation ralentie dans le centre à la mi-journée.Au milieu des voitures, des femmes portent de grands paniers de fruits sur la tête, des hommes vendent des éponges naturelles ou des bibles. 

Des éclairs de vert apparaissent sur des jupes à motifs, des t-shirts imprimés et, parfois aussi, sur des masques anti-Covid. 

- "Tellement d'intimidations" -

Des sondages montrent que les soutiens de "HH" ont augmenté à Lusaka, longtemps considéré un bastion du parti au pouvoir, notamment en raison de la politique économique jugée décevante de M. Lungu. Mais à part une affiche ici et là, cette notion est bien peu visible. 

"On ne veut pas d'un autre président, on veut Edgar Lungu", affirme d'ailleurs Lydia Mwansa, 35 ans, mère de sept enfants, qui vend des sacs à main au marché. Les vendeurs autour d'elle approuvent énergiquement: on doit à Lungu les routes, les écoles et les hôpitaux construits sous sa présidence depuis 2015. 

"Les gars du PF font beaucoup de choses, ils sont travailleurs", renchérit Justina Nsama, 42 ans, qui vend des bananes, pointant le visage imprimé de Lungu sur son T-shirt blanc. "Il est fort et humble à l'égard du peuple", affirme-t-elle, alors que des minibus, taxis collectifs, frôlent bruyamment son étal. 

A quelques minutes de là, au siège du Parti uni pour le développement national (UPND), un bâtiment banal signalé simplement par le sigle peint en façade, des communicants agités jettent des regards inquiets en faisant entrer les journalistes. 

"L'atmosphère en Zambie n'est pas favorable à l'opposition", explique l'un d'eux. 

Un militant, le pasteur William Njombo, se présente pourtant pour être interviewé."Nous ne nous sentons pas en sécurité...il y a tellement d'intimidations", dit-il, rappelant que le président a déployé l'armée dans les rues depuis une semaine sous prétexte de maintenir l'ordre dans cette période électorale électrique. 

"Nous apprécions les projets d'infrastructure, mais ils ont eu un coût énorme", ajoute-t-il, "nous sommes maintenant confrontés à une énorme montagne de dettes". 

Dans la cour extérieure, des militants sont réunis pour parler des jours à venir.Ils préfèrent ne pas être filmés, que personne ne puisse déchiffrer ce qu'ils se disent.

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