Pour surveiller les éléphants, coller son oreille au sol

Infos. Des scientifiques ont testé une technique de surveillance des éléphants en enregistrant les ondes sismiques produites par leurs grondements, qui s'avèrent plus précises pour les localiser que celle utilisant de simples capteurs acoustiques.

Pour surveiller les éléphants, coller son oreille au sol
Au Kenya, Loxodonta Africana ne se contente pas d'un barrissement reconnaissable entre tous dans la savane, ou de sortes de reniflements. Il utilise aussi un grondement, plus discret, car imperceptible à l'oreille humaine, rappelle une équipe de scientifiques de l'Université d'Oxford menée par Michael Reinwald, un zoologiste travaillant au Laboratoire de vibration animale.On ne sait pas si ce mode de communication remplace ou supplée les autres pour des signaux usuels de reconnaissance, d'alarme ou d'appel à la reproduction. Mais les scientifiques savent que l'éléphant peut détecter et réagir aux seules ondes sismiques générées par les grondements qu'il capte via la surface très sensible de la plante de ses pattes, ou encore par la remontée des vibrations via son ossature, jusqu'à l'oreille interne. Dans ce cas, il "écoute" les sons venant du sol en se figeant et en se penchant, rappelle l'étude publiée dans Journal of the Royal Society Interface.Et dans les deux cas, les éléphants peuvent analyser un grondement d'une finesse telle qu'ils sont capables de "catégoriser et localiser avec un précision un appel" réalisé de cette façon, selon l'étude. Les scientifiques ont cherché à savoir s'ils pourraient faire de même en utilisant des capteurs sonores et sismiques.Ils en ont disposé quatre paires, à quelques centaines de mètres de distance chacune, autour d'un point d'eau fréquenté par les animaux dans un ranch du centre du Kenya. Un réseau de caméras a servi par ailleurs à confirmer la validité de certaines observations.La technique utilisée s'inspire de celle de la triangulation. On peut imaginer quatre observateurs disposés autour d'un point où frappe la foudre, sans qu'ils la voient. En connaissant la vitesse de propagation du son, la différence de temps que met le bruit de l'impact pour parvenir à chaque observateur permet de déterminer son lieu.Contrairement à ce qu'on pouvait imaginer, -à cause des irrégularités propres au terrain traversé-, le résultat de l'expérience est que la localisation s'est révélée plus précise par l'analyse de l'onde sismique que par l'onde acoustique.Les scientifiques plaident pour explorer la piste d'une implantation de détecteurs sismiques plutôt qu'acoustiques pour surveiller les populations d'éléphants. Les capteurs, enterrés, sont moins vulnérables que les micros.Ils pourraient servir par exemple, dans des endroits connus pour abriter des braconniers, à détecter les signaux d'alarme des éléphants. Mais aussi à surveiller des populations d'autres espèces menacées en enregistrant leurs "empreintes sismiques".

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