Les forces du président ivoirien reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara ont pris mardi le contrôle de trois importantes villes, dans l'ouest et l'est du pays, selon des sources concordantes.
A la mi-journée, les combattants pro-Ouattara circulaient à bord de 4x4 à travers la ville de Duékoué, carrefour stratégique de l'Ouest, et étaient parfois acclamés par les habitants qui avaient recommencé à descendre dans les rues après les combats livrés depuis lundi matin, a constaté un journaliste de l'AFP.
On n'entendait pas de tirs, mais des maisons en feu et des impacts d'obus et de balles témoignaient de la violence des affrontements entre le camp Ouattara et les forces armées du président sortant Laurent Gbagbo.
Duékoué conduit notamment à San Pedro, plus grand port d'exportation de cacao au monde.
Des habitants ont également rapporté la prise par les Forces républicaines, nouvelle appellation des forces pro-Ouattara, de la ville de Daloa (centre-ouest), à une centaine de kilomètres à l'est de Duékoué.
Daloa est l'une des plus importantes villes du pays, au coeur du "pays bété", région natale de Laurent Gbagbo.
Le camp Ouattara, qui a engagé une vaste offensive depuis lundi matin, a aussi pris mardi Abengourou, à 220 km de la capitale économique Abidjan, et n'a jamais menacé d'aussi près le régime Gbagbo.
Le camp Ouattara a clairement choisi l'option militaire, quatre mois après le début d'une crise post-électorale qui a fait plus de 460 morts selon l'ONU, menaçant de faire basculer le premier exportateur mondial de cacao dans la guerre civile.
Alors que près d'un million de personnes ont été déplacées et que quelque 112.000 Ivoiriens se sont réfugiés au Liberia, les Nations unies se préparaient à un fort afflux de réfugiés au Ghana.
Un hélicoptère de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) "a essuyé des tirs", avec une "mitrailleuse lourde", de la part des forces pro-Ouattara, lundi au-dessus de Duékoué, a annoncé mardi l'Onuci.
Mais les Forces républicaines ont très vite démenti toute implication.
A Daloa (centre-ouest), une des plus importantes villes du pays et qui abritait entre 3.000 et 5.000 militaires, les combattants pro-Ouattara ont pris le contrôle de plusieurs quartiers, selon des habitants.
Dans la capitale économique ivoirienne, coeur du régime de M. Gbagbo, la situation restait très tendue.
L'Onuci a accusé "des forces loyales" au président sortant d'avoir "tiré sur des civils innocents" lundi dans le quartier de Williamsville, "faisant une dizaine de morts".
En outre, "un groupe de jeunes pro-Gbagbo ont imposé le supplice du pneu à un jeune homme brûlé vif dans le quartier de la Riviera.Un autre groupe a sauvagement agressé deux fonctionnaires de l'Onuci qui vaquaient à leurs occupations", a affirmé la force onusienne dans un communiqué.
"Au vu de l'accroissement des cas de violations des droits de l'Homme et de ces pratiques barbares, l'on est fondé à s'interroger sur le contrôle du président Gbagbo sur ses forces et ses partisans", selon l'Onuci.
La voie des armes choisie par le camp Ouattara fait suite à l'échec de tous les efforts diplomatiques tendant à résoudre pacifiquement la crise née du scrutin présidentiel du 28 novembre, qui devait sortir le pays d'une décennie de crise politico-militaire.
La France a de nouveau "souhaité l'adoption rapide" d'une résolution de l'ONU interdisant l'utilisation d'armes lourdes en Côte d'Ivoire, surtout à Abidjan, et estimé que l'Onuci doit exercer son mandat "avec toute la fermeté requise".
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