Le porte-parole du régime de Mouammar Kadhafi, Moussa Ibrahim, a confirmé jeudi la démission la veille du ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, affirmant que celui-ci avait eu la permission de quitter le pays pour des soins médicaux en Tunisie.
"M.Koussa a demandé de se rendre en Tunisie pour des soins médicaux.Il a eu la permission.Après, nous avons entendu qu'il a décidé de démissionner de son poste.C'est sa décision personnelle.La Libye ne dépend pas d'individus", a déclaré M. Ibrahim au cours d'une conférence de presse.
Selon lui, Moussa Koussa, souffrait notamment de tension artérielle et de diabète.
Il a écarté par ailleurs que M. Koussa donnerait des informations qui "porteraient préjudice à son pays".
Au sujet d'autres personnalités comme le chef des renseignements extérieurs, Abou Zeid Dourda, et le chef du Parlement, Mohammed Zwei, qui auraient fait défection et quitté le pays vers la Tunisie, selon des médias arabes, M. Ibrahim a indiqué qu'il ne disposait "pas d'informations" en ce sens.
Chef des services de renseignement de 1994 à 2009, Moussa Koussa, 59 ans, était un homme fort des comités révolutionnaires, épine dorsale du régime libyen, et un homme de confiance de Mouammar Kadhafi.Il a trouvé refuge en Grande-Bretagne où il a annoncé sa démission mercredi soir.
Interrogé dans la journée sur le colonel Kadhafi et ses fils et s'ils sont toujours en Libye, M. Ibrahim a déclaré: "rassurez-vous, nous sommes tous ici.Nous allons rester ici jusqu'à la fin.C'est notre pays.Nous sommes forts sur tous les fronts".
Le dirigeant libyen a subi un revers avec le départ de son ministre mais sur le terrain, ses forces sont parvenues à faire reculer dans l'est des forces rebelles désorganisées.
A 06H00 GMT jeudi, l'Otan a pris le commandement de toutes les opérations en Libye, succédant ainsi à la coalition multinationale, a indiqué un diplomate allié.Le New York Times a fait état de son côté du déploiement d'agents de la CIA pour prendre contact avec la rébellion et guider les raids aériens.
La chaîne ABC a assuré que le président américain Barack Obama avait donné l'autorisation d'aider secrètement les rebelles."Des dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d'agents du service d'espionnage MI6 travaillent en Libye", en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes, selon la même source.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a refusé "de s'exprimer sur des questions de renseignement".
Au plan politique, le colonel Kadhafi a subi un grave revers avec la démission de son ministre des Affaires étrangères, une des principales figures du régime, annoncée à son arrivée mercredi soir à Londres, après un bref séjour en Tunisie.
Un haut responsable américain a qualifié cette défection de "très importante", estimant qu'elle montrait que l'entourage de Mouammar Kadhafi n'avait plus confiance dans la solidité du régime.
"Nous encourageons ceux de l'entourage de Kadhafi à le quitter", a déclaré de son côté le Foreign Office à Londres.
Au pouvoir depuis 42 ans, le colonel Kadhafi, confronté à une révolte populaire sans précédent, ne s'est pas exprimé en public depuis plusieurs jours.
La démission de M. Koussa est un "signe que les jours du régime sont comptés.C'est la fin", a déclaré à la chaîne de télévision France 24 l'ancien ministre libyen de l'Immigration, Ali Errishi, qui a lui-même fait défection peu après le début de l'insurrection mi-février.
"J'ai toujours dit qu'ils (les dirigeants libyens) sont tous retenus en otage à Tripoli", a-t-il poursuivi."Kadhafi n'a plus personne" sur qui compter."Désormais, il ne reste que lui et ses enfants".
Moussa Koussa, 59 ans, est connu pour avoir activement participé ces dernières années au retour de la Libye dans le concert des nations fréquentables.
Il avait été nommé ministre en mars 2009, après avoir été chef des services de renseignements de 1994 à 2009.
Sur le terrain, des affrontements avaient lieu en milieu de matinée autour du terminal pétrolier de Brega (800 km à l'est de Tripoli), selon des témoignages recueillis par un journaliste de l'AFP à mi-chemin entre Brega et Ajdabiya (80 km à l'est de Brega).Des avions survolaient la région et cinq explosions ont été entendues.
Il n'était pas possible de savoir si la progression des loyalistes vers l'est a été interrompue par les raids internationaux, ou si les forces du colonel Kadhafi se contentent des installations pétrolières de Ras-Lanouf.
Mercredi, la coalition internationale avait mené un raid aérien contre les forces du colonel Kadhafi à l'ouest d'Ajdabiya, immédiatement salué par les rebelles, qui réclamaient la reprise des frappes internationales pour les aider à atteindre Syrte (360 km à l'est de Tripoli), ville natale du colonel Kadhafi.La coalition n'avait pas mené de frappes aériennes dans la région depuis plusieurs jours.
Les forces loyalistes ont repris mercredi le port pétrolier de Ras Lanouf, 370 km à l'ouest du fief des rebelles Benghazi, et progressé vers Brega.
Tripoli a été survolée dans la nuit par des appareils de la coalition, avant que des explosions ne soient entendues dans la banlieue de Salaheddine, au sud-est de la capitale, à rapporté un témoin à l'AFP.
Le régime libyen a dénoncé le "soutien" militaire de la coalition internationale aux rebelles dont l'avancée a été stoppée puis inversée ces derniers jours par les forces du régime.
L'Otan a pris le commandement de toutes les opérations menées en Libye jeudi à 06H00 GMT.
"L'opération Protecteur unifié décidée dimanche soir par les pays de l'alliance a officiellement débuté ce matin", a déclaré un diplomate allié, confirmant le transfert à l'Otan des responsabilités des bombardements en Libye, assumées depuis le 19 mars par la coalition menée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.
Sous l'autorité du quartier général allié en Europe, à Mons (sud de la Belgique), l'opération est dirigée du centre régional de commandement de l'Otan à Naples (sud de l'Italie) par le général canadien Charles Bouchard.
L'Otan avait commencé à assumer le contrôle partiel des opérations mercredi matin "avec un décalage d'une journée sur ce qui était initialement prévu, dû à la grande complexité" du transfert, "sachant que des dizaines d'avions, notamment sont engagés".
Au 12e jour de l'intervention, le cap des 2.000 sorties aériennes a été franchi mercredi, dont 60% par des avions américains, selon le Pentagone.
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