Les forces pro-Ouattara aux portes d'Abidjan, des soldats français déployés

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ABIDJAN (AFP)

Le président ivoirien reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara n'avait jamais jeudi été aussi près de la victoire: ses combattants marchent sur Abidjan et le chef des armées de son rival, le chef d'Etat sortant Laurent Gbagbo, a fait défection.

Des soldats de la force française Licorne se sont déployés jeudi à Abidjan dans un quartier en proie à des pillages, selon des sources concordantes.

La force Licorne (900 hommes) est intervenue à la suite de pillages en zone 4, un quartier sud de la ville où habitent des ressortissants européens, notamment français, et qui abrite de nombreux commerces, ont indiqué ces sources proches du dossier.

Abidjan, hérissée de barrages de jeunes pro-Gbagbo, était sous haute tension et la plupart des habitants avaient préféré rester chez eux, dans la crainte d'une bataille finale dans cette métropole d'au moins quatre millions d'habitants.

Au quatrième jour d'une offensive éclair, alors que son rival gardait le silence, les troupes de M. Ouattara présentes dans la moitié nord depuis 2002 avaient pris le contrôle de la grande majorité du pays, sans rencontrer de résistance majeure sauf dans quelques villes de l'ouest, région natale de M. Gbagbo.

Depuis le début de la crise post-électorale fin novembre, qui a fait près de 500 morts selon le dernier bilan de l'ONU, M. Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, a résisté aux sanctions internationales, tant politiques qu'économiques, avant que son régime ne vacille sous l'effet de la pression militaire et d'une défection de poids.

Le chef d'état-major de l'armée, le général Philippe Mangou, s'est réfugié mercredi soir à la résidence officielle de l'ambassadeur sud-africain à Abidjan, a annoncé jeudi le ministère des Affaires étrangères sud-africain.

Agé de 59 ans, le général Mangou avait été nommé par Laurent Gbagbo à la tête de l'armée ivoirienne en novembre 2004.Après le scrutin controversé du 28 novembre 2010, ce militaire réputé modéré avait de nouveau fait allégeance au président sortant, mais pendant des semaines le camp Ouattara avait espéré son ralliement, jamais venu.

D'autres généraux se sont ralliés à Alassane Ouattara, a affirmé sur la télévision France 24 son Premier ministre Guillaume Soro, exigeant que Laurent Gbagbo "parte maintenant" car Abidjan est "encerclé".

Jeudi, dans une solennelle et grave adresse à la Nation diffusée sur sa radio et sa télévision, M. Ouattara a appelé les militaires encore fidèles au chef d'Etat sortant à rallier ses forces.

"Il est encore temps de rallier vos frères d'armes des Forces républicaines.Le pays vous appelle", leur a-t-il lancé, les exhortant à "rejoindre la légalité".

"Malgré de nombreux appels à M. Laurent Gbagbo et à ses proches pour un transfert pacifique du pouvoir, l'unique réponse à cette main tendue a été la violence", a-t-il accusé.

Il a salué ses forces armées, engagées dans une offensive éclair destinée à "rétablir la démocratie et faire respecter le vote du peuple".

D'autres part, Alassane Ouattara, a promis que "l'intégrité physique" de son rival Laurent Gbagbo serait préservée s'il se rendait, a affirmé jeudi à l'AFP Ally Coulibaly, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France nommé par M. Ouattara.

Depuis le début de l'avancée lundi, les troupes de M. Gbagbo, sauf exceptions locales, ont officiellement opéré vers Abidjan un "repli" tactique, mais qui avait tout l'air d'une déroute.

Au fil des jours, les principales villes du pays sont tombées aux mains des combattants pro-Ouattara, souvent à bord de pick-ups surmontés de mitrailleuses: la capitale politique Yamoussoukro (centre) mercredi, et jeudi le premier port d'exportation de cacao au monde, San Pedro (sud-ouest).

Des tirs à l'arme lourde ont été entendus à la mi-journée près d'un important camp de la gendarmerie fidèle au président sortant.Et des rafales d'arme automatique étaient signalées par intermittence, notamment dans le quartier du Plateau, qui abrite le palais présidentiel.

Malgré la vacillement rapide de son régime, le président sortant entretenait le mystère sur ses intentions, livrer bataille ou se retirer.

A la mi-journée, la télévision d'Etat RTI, pilier de son pouvoir, avait assuré qu'il était "dans sa résidence" d'un quartier chic d'Abidjan et non pas "réfugié dans une ambassade" comme l'affirme la "rumeur".

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