Décidément les procès s'enchaînent pour Air France. Après une convocation par le tribunal de Bobigny pour travail dissimulé, c'est devant le Conseil des prudhommes que la compagnie aérienne comparaît aujourd'hui. En effet, 26 intérimaires poursuivent leur ancien employeur pour licenciement abusif. Leur avocat, maitre Philippe Missamou réclame 100 000 à 800 000 euros pour les plus anciens, ainsi que la reconnaissance antérieure de leur travail en tant que salariés d'Air France. Car bien qu'étant intérimaires, les victimes ont occupés les mêmes fonctions qu'un agent d'escale. De plus, ils sont contraints par l'entreprise et l'agence d'intérim à travailler exclusivement pour Air France. Pensant un jour être embauchés, tous ont suivis des formations ( payantes parfois ) et passés le TOEIC ( diplôme d'anglais ) avant d'être licencié. « Nous avons été manipulés déclare une des intérimaires qui souhaite garder l'anonymat. Pendant tout ce temps, on nous a fait miroiter l'idée qu'Air France nous prendrait en CDI, comme la loi les obligent à le faire au bout de 18 mois . On a travaillé plus dur que les autres en gagnant 600 euros par mois ,parfois 1 500 euros quand il y avait beaucoup de travail. Certains ont travaillé ainsi pendant près de 10 ans avant d'être licencié » Une pression écrasanteExploités, les employés vivent sous un pression constante. Tout est fait pour qu'ils se sentent à l'écart. Pas de cartes de cantine, pas d'uniforme, les MOE ( Main d'�?uvre Extérieure ) comme on les appelle doivent se vêtir à leurs frais d'un tailleur noir.« On devait toujours être là, même si on était malade. On servait de boucs émissaires chaque fois, qu'il y avait une boulette, c'était notre faute, et nous ne disions rien car nous avions trop peur de nous faire renvoyer ». Selon les plaignants, il y aurait encore des travailleurs précaires chez Air France, exploités et sous payés.Sur les 26, seuls une dizaine ont retrouvé un emploi et pas toujours dans le secteur aéroportuaire.Wendy BRACAT
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