Les autorités du Nigeria ont renforcé les mesures de sécurité et fermé les frontières terrestres du pays vendredi, à la veille d'une période électorale décisive qui verra se succéder en 15 jours les élections législatives, présidentielle puis celle des gouverneurs des Etats.
Cet instant crucial dans l'histoire du Nigeria constitue un test pour la santé démocratique du pays le plus peuplé d'Afrique, marqué par des violences intercommunautaires et l'action de mouvements armés qui revendiquent une meilleurs répartition de la manne pétrolière.
Les précédents scrutins avaient été entachés de fraudes et de violences qui avaient compromis leur crédibilité.
Pour éviter tout dérapage, la police a été déployée dans les zones à risques de violence et diverses mesures de précaution ont été prises, comme l'équipement en détecteurs de métaux à l'entrée des mosquées du centre du pays, théâtre de fréquents affrontements entre musulmans et chrétiens.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé la fermeture des frontières terrestres de vendredi midi à dimanche matin, et une restriction de la circulation aux seuls véhicules nécessaires à la bonne tenue des élections ou assumant des missions d'urgence samedi, jour des élections législatives.
Le président sortant Goodluck Jonathan, un chrétien originaire du sud pétrolifère, part favori pour la présidentielle, qui aura lieu le 9 avril.
Son principal adversaire est un ancien militaire qui a dirigé le pays pendant dix-huit mois de 1983 à 1985, Muhammadu Buhari, un musulman du nord qui bénéficie d'un large soutien dans cette région où beaucoup estiment que la présidence devrait leur revenir.
Le parti démocratique du peuple (PDP) de Goodluck Jonathan a gagné toutes les élections présidentielle depuis la restauration du régime civil en 1999.Mais les trois scrutins de ce mois d'avril semblent plus ouverts que les précédents, qui avaient été entachées de soupçons de fraudes et de violences.
La mise en place d'une commission électorale présidée par un universitaire réputé a renforcé l'espoir que les opérations de vote seront cette fois ci mieux organisées.M. Jonathan a promis à plusieurs reprises des élections libres et honnêtes.
La commission a remplacé les anciennes listes électorales truffées de faux inscrits par de nouvelles permettant de recueillir les empreintes des électeurs avant de leur délivrer leur carte.
Fola Adeola, candidat à la vice présidence pour le parti d'opposition, Action Congress of Nigeria, s'est dit "raisonnablement satisfait" du travail de la commission, dans un entretien à l'AFP.
Mais il a exprimé ses inquiétudes concernant une éventuelle interférence des autres institutions, s'interrogeant sur les raisons du déploiement de l'armée et du redéploiement des officiers de police le jour du scrutin.
"Nous sommes préoccupés par cette intrusion de gens qui ne sont pas constitutionnellement chargés de la responsabilité d'organiser les élections", a-t-il dit.
La campagne électorale a été marquée par divers actes de violence, notamment des attentats à la bombe et des attaques contre les manifestations politiques.
Deux hommes à moto ont ainsi été tués le 20 mars par l'explosion d'une bombe qu'ils transportaient à Jos, dans le centre du Nigeria, théâtre d'affrontements répétés entre chrétiens et musulmans.
Jeudi, deux bombes ont été découvertes et désamorcées sur les lieux d'une réunion électorale de centaine de partisans de Muhammadu Buhari dans l'Etat de Katsina (nord) dont il est originaire.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.