Nigeria: politiciens et activistes dénoncent le report des élections

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LAGOS (AFP)

"Honte pour la Nation", "frustrant et décevant", "sabotage et incompétence": les réactions d'hommes politiques et de militants des droits de l'Homme au Nigeria n'ont pas tardé à fusé samedi après l'annonce du report des élections législatives, en raison de failles dans l'organisation.

"Une honte pour la Nation et une monumentale perte de temps et d'argent", a déploré Debo Adeniran, le responsable de la Coalition contre les dirigeants corrompus, après l'annonce à la mi-journée sur le report du scrutin.

L'élection des membres de la chambre des représentants et des sénateurs a été reportée à lundi par la commission électorale.Les législatives doivent être suivies du scrutin le plus important, la présidentielle, le samedi 9 avril, puis le 16 d'élections régionales.

Attahiru Jega, responsable de la Commission électorale, a évoqué à la télévision des problèmes dans l'acheminement du matériel de vote dont des bulletins, imputés à un fournisseur.

"C'est frustrant et décevant.C'est la preuve du déclin de nos institutions.Le report aurait dû être annoncé depuis hier (vendredi)", a regretté Femi Falana, avocat des droits de l'homme et président du Parti de la Conscience nationale.

"Comment allez-vous remplacer tout le matériel de vote entre aujourd'hui (samedi) et lundi ? Comment payez-vous les assesseurs si les banques n'ouvrent pas lundi ? Comment mobiliser une nouvelle fois les agents de sécurité ?", s'est-il inquiété.

Le militant pour les droits de l'Homme, Shehu Sani, a appelé à l'ouverture d'une enquête pour déterminer les causes du report, indiquant qu'"il affectera immanquablement le moral et l'enthousiasme des électeurs nigérians".

"Cet incident relève tout à la fois du sabotage et de l'incompétence", a vitupéré le militant.

L'opposition a également sévèrement critiqué ce faux départ.

"Nous avons encore une fois réussi à montrer au grand jour notre incompétence nationale", a déclaré Yinka Odumakin, porte-parole du Congrès pour un changement démocratique (CPC), le parti de Muhammadu Buhari, principal rival du président sortant Goodluck Jonathan.

Le porte-parole du Congrès pour l'action du Nigeria, Lai Mohammed, a quant à lui parlé d'une situation "catastrophique".

La campagne électorale a été marquée par des violences, dont des attentats à la bombe et des attaques contre les manifestations politiques, mais les responsables avaient promis la tenue d'un scrutin libre et juste, déployant de nombreux policiers et fermant même les frontières terrestres.

Vendredi soir, des membres présumés de la secte islamiste Boko Haram ont attaqué à l'explosif un poste de police dans le nord du Nigeria, a déclaré la police, sans qu'on sache s'il y avait des victimes.

La secte est accusée d'être derrière une série d'assassinats de policiers, de dirigeants communautaires et d'attaques d'églises au cours des derniers mois.

Le président de l'INEC, M. Jega, universitaire respecté, avait exhorté avant le scrutin de samedi le pays premier producteur africain de pétrole à organiser des élections crédibles.

"Conduire ces scrutins avec succès est d'une importance capitale pour l'avenir de notre Nation", avait-il dit.

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