"Deux nouveaux charniers ont été découverts" et dix corps "non identifiés ont été exhumés", a souligné cet organisme dans un communiqué, sans préciser quand a eu lieu cette découverte. Cette annonce intervient alors qu'une mission d'enquête d'experts de l'ONU a conclu lundi à des "crimes de guerre" et des "crimes contre l'humanité" commis en Libye depuis 2016. L'existence de plusieurs charniers avait été signalée après le départ de la ville en juin 2020 des forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen, qui tentaient depuis avril 2019 de conquérir, en vain, la capitale Tripoli, à 80 km plus au nord-ouest et où siégeait l'ancien gouvernement reconnu par l'ONU. A Tarhouna, une petite localité à vocation agricole, les exactions ont commencé en 2015, quand la milice locale d'Al-Kani, connue sous le nom de Kaniyat, a pris son contrôle. Dirigée d'une main de fer par six frères, cette milice a fait allégeance à Haftar et fait régner la terreur parmi ses habitants, éliminant méthodiquement ceux qui s'y opposaient. Durant ces années, elle "enlevait, détenait, torturait, tuait et faisait souvent disparaître des personnes qui s'y opposaient ou qui étaient soupçonnées de le faire", selon l'ONG Human Rights Watch (HRW). La milice Kaniyat avait aussi fait de Tarhouna sa base arrière dans sa tentative échoué pour prendre la capitale à compter d'avril 2019. Plus de 150 dépouilles ont été retrouvées depuis l'été 2020, suscitant émoi et indignation dans la société libyenne. Bannie de la ville, la milice Kaniyat a aussi été sanctionnée par les Etats-Unis en novembre dernier et par le Royaume-Uni en mai, gelant les avoirs des membres de la milice et leur interdisant d'entrer dans ces pays. Son chef Mohamed al-Kani a été abattu par balles fin juillet à Benghazi (Est). La Libye a sombré dans le chaos avec la révolte qui a entraîné la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, avec des pouvoirs rivaux basés dans l'Est et l'Ouest, une myriade de milices armées et des mercenaires étrangers disséminés dans le pays, sur fond d'ingérences étrangères. Un cessez-le-feu entre rivaux a été signé en novembre et un nouveau gouvernement chargé d'unifier les institutions désigné en mars, suscitant l'espoir d'une pacification de ce pays riche en pétrole après une décennie de chaos. Il doit mener la transition d'ici aux élections législatives et présidentielle prévues en décembre.
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