Gabon: reprise de la production pétrolière, perturbations dans les villes

Infos. ...

LIBREVILLE (AFP)

La production pétrolière du Gabon revenait progressivement à la normale mardi selon les opérateurs, avec la reprise du travail lundi soir après quatre jours de grève, mais à Libreville et Port-Gentil, la capitale pétrolière, la vie était fortement perturbée.

"La normalisation se fait assez rapidement.Il y a pas mal d'entretien mais on devrait avoir repris le cours normal en fin de journée", a affirmé mardi un porte-parole de Shell.

Lundi soir, le directeur général de Total-Gabon Jean-Philippe Magnan avait affirmé à l'AFP que la production du pétrolier français redeviendrait normale mardi.Shell et Total sont de loin les deux premiers producteurs au Gabon, 4e état pétrolier sub-saharien avec entre 220.000 et 240.000 barils par jour.Officiellement, les recettes du pétrole assurent à l'Etat environ 60% de son budget.

A Port-Gentil (ouest), les employés du secteur attendaient comme à l'habitude aux différents points d'arrêt de bus pour se rendre sur leur lieu de travail.

 "Le travail a repris dans l'ensemble des sociétés (de la zone industrielle) et sur certains sites pétroliers.Nous sommes en train de joindre les cinq sites pétroliers qui n'avaient pas reçu l'information hier en soirée", a précisé à l'AFP Hans Landry Ivala, secrétaire général adjoint de l'Organisation nationale des employés du pétrole (Onep), qui regroupe 4.000 des 5.000 salariés du secteur.

"Le travail a repris partiellement dans nos ateliers depuis ce matin", a déclaré Jean-François Mevel, directeur général de Baker Hughes, géant américain du pétrole.

"Nous avons effectivement repris le travail, mais de manière timide", a confié un employé de la société franco-britannique Perenco sous couvert de l'anonymat.

L'Onep qui demandait un "meilleur" contrôle de la main-d'oeuvre étrangère, entendait lutter contre le recours à une main-d'oeuvre asiatique ou africaine --Congo, Cameroun, Ghana, Maroc-- qu'elle estime peu ou pas qualifiée.

Après un accord avec le gouvernement, l'organisation a notamment obtenu une mesure spectaculaire avec l'expulsion sous 8 jours des étrangers en situation irrégulière dans le secteur, soit environ 1.300 personnes de source syndicale.

A Libreville, les stations-essence, en rupture de stock depuis le week-end attendaient d'être ravitaillées.Conséquence, alors que la grève n'avait pas eu trop d'effets jusqu'ici, la ville connaissait d'importantes perturbations en raison de la baisse du nombre de taxis qui attendaient de pouvoir faire le plein.

A Rio, un quartier populaire de l'est de Libreville, de longues queues se sont formées pour prendre les taxis collectifs et quelques bus publics, a constaté un journaliste de l'AFP sur place."On veut des bus, des taxis", criait une dame.Plusieurs personnes ont affirmé attendre depuis plus d'une heure.

La situation était similaire dans les autres quartiers de la ville.A Akebé, Charles, un pompiste, attendait: "Le travail a repris mais le carburant n'est pas là.On espère qu'il arrivera dans la journée".

Le trafic aérien était quant à lui redevenu normal malgré quelques retards après de nombreuses annulations lundi.

A Port-Gentil, le gasoil a commencé à réapparaître."Nos cuves de gasoil complètement vidées, ont été ravitaillées ce matin à partir de 9 h" a expliqué Clément, gérant d'une station du centre-ville.

Christophe Nyama, chauffeur de taxi, a affirmé avoir fait le tour de toutes les stations-service de la ville."La nouvelle du retour du carburant se fait de bouche-à-oreille.Sur les 9 stations-services de la ville, seules deux ont du carburant".

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
Gabon: reprise de la production pétrolière, perturbations dans les villes