Le vice-Premier ministre kenyan Uhuru Kenyatta devant la CPI

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LA HAYE (AFP)

 Le vice-Premier ministre kenyan Uhuru Kenyatta et Francis Muthaura, bras droit du président Mwai Kibaki, soupçonnés de crimes contre l'humanité lors des violences post-électorales fin 2007-début 2008, ont comparu vendredi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

"Mes noms sont Uhuru Muigai Kenyatta (...), je suis un vice-Premier ministre et un ministre des Finances", a déclaré M. Kenyatta, invité à décliner son identité par la présidente Ekaterina Trendafilova à l'ouverture de l'audience de première comparution.

M. Kenyatta, le plus haut responsable kenyan visé par cette procédure, Francis Muthaura, ainsi que Mohammed Hussein Ali, chef de la police à l'époque des faits et actuel directeur de la poste Kenyane, ont tour à tour décliné leur identité puis confirmé avoir été informés des crimes qui leur sont imputés.

La présidente a mis en garde les trois suspects, qui sont libres : la CPI n'hésitera pas à demander des mandats d'arrêt, au lieu des citations à comparaître dont ils font l'objet depuis le 8 mars, s'ils sont à nouveau soupçonnés de crimes relevant de sa compétence, a-t-elle souligné.

"Il a été porté à la connaissance de la chambre qu'il y avait des mouvements en vue de déclencher à nouveau des violences au Kenya par la voie de discours", a précisé Mme Trendafilova.

Le procureur Luis Moreno-Ocampo avait présenté en décembre 2010 deux dossiers distincts dans l'enquête sur les violences post-électorales au Kenya au cours desquelles, selon l'accusation, quelque 1.200 personnes avaient été tuées et plus de 300.000 déplacées.

Deux groupes de trois personnes sont visés, correspondant aux deux camps qui se partagent le pouvoir au Kenya : le Mouvement démocratique orange (ODM) du Premier ministre Raila Odinga et le Parti de l'unité nationale (PNU) du président Mwai Kibaki.

Jeudi, William Ruto, ancien ministre de l'Enseignement supérieur, Henry Kosgey, ancien ministre de l'Industrialisation, et Joshua Arap Sang, présentateur de radio, proches de M. Odinga, avaient participé de leur côté à une audience de comparution initiale.

Les six hommes sont soupçonnés notamment de meurtres, transfert forcé de population et persécutions durant les mois qui ont suivi la réélection contestée de l'actuel président Mwai Kibaki en décembre 2007 face à Raila Odinga, actuel Premier ministre d'un gouvernement de coalition.

"Maintenant, nous avons l'opportunité de voir quels éléments de preuve il a contre nous et je suis sûr qu'il n'y a pas de quoi se faire de soucis", a assuré le ministre à des journalistes à l'issue de l'audience : "il n'y a rien à craindre lorsqu'on est innocent".

"Les Kenyans, mais également le monde entier, sauront où est la vérité et la vérité, c'est que nous sommes innocents", a ajouté M. Kenyatta, le premier ministre en exercice à comparaître devant la CPI.

Une audience de confirmation des charges, préalable à la tenue d'un procès éventuel, aura lieu le 21 septembre.

Le Kenya conteste, dans une requête déposée le 31 mars, la compétence de la CPI pour poursuivre les responsables des violences post-électorales, affirmant être en mesure d'engager lui-même des poursuites.

La Cour, dont le Kenya est un Etat partie, ne peut engager de poursuites que si la justice nationale ne peut pas ou ne veut pas traiter des crimes relevant de sa compétence.

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