Les Djiboutiens ont voté dans le calme vendredi pour élire leur président, le chef de l'Etat sortant Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, partant ultra-favori devant un unique adversaire, le candidat indépendant Mohamed Warsama Ragueh.
"La participation a été très bonne, il n'y a pas eu d'incidents et le vote se déroule dans le calme", a indiqué à l'AFP le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Assoweh Idriss.
Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes comme prévu autour de 7H00 (04H00 GMT), a constaté l'AFP dans la capitale.Leur fermeture a été repoussée d'une heure, jusqu'à 19H00 locales.
Près de 152.000 électeurs étaient appelés aux urnes dans cette ancienne colonie française bénéficiant d'une position stratégique hors pair à l'entrée de la mer Rouge.Les résultats du scrutin devaient être connus dans la nuit de vendredi à samedi.
Au pouvoir depuis 1999, M. Guelleh peut briguer un troisième mandat grâce à une révision constitutionnelle adoptée en 2010 par un Parlement entièrement acquis à sa cause.
Jeudi à Djibouti, il a promis qu'en cas de victoire, il ne se représenterait plus: "non, c'est terminé, c'est ma dernière course".Après avoir voté vendredi, M. Guelleh s'est dit "confiant et serein", assurant "avoir travaillé pour le peuple, la démocratie et le développement".
L'une des deux coalitions de l'opposition, l'Union pour l'alternance démocratique (UAD), qui boycotte le scrutin, a dénoncé une élection jouée d'avance.
"Vous verrez ce soir (...), il (M.Guelleh) va venir à la radio, à la télévision avec un pourcentage qui est prêt depuis un mois.Il nous dira qu'il est aimé des Djiboutiens et qu'il a fait 80% ou 90%", a raillé Ismaël Gedi Hared, le président de l'UAD.
Lors de sa réélection en 2005, M. Guelleh était le seul candidat en lice.
M. Guelleh "s'est fabriqué un candidat fictif pour prétendre à une vraie compétition", a accusé M. Hared, en référence à l'unique adversaire du président sortant, le candidat indépendant Mohamed Warsama Ragueh.
L'autre coalition d'opposition, l'Union des mouvements démocratiques (UMD) avait également appelé au boycott de l'élection avant d'apporter son soutien au candidat Ragueh.
Un groupe rebelle Afar, le Front pour la restauration de l'unité et la démocratie (Frud), a quant à lui dénoncé une "farce" électorale qui ne vise qu'à "pérenniser la dictature".
Plusieurs missions d'observation électorale ont assisté au scrutin, dont celle de l'Union africaine (UA).Plusieurs ambassades (Japon, France, Etats-Unis notamment) ont mis des moyens en commun pour suivre le vote.
L'issue du scrutin de vendredi ne fait de doute pour personne, surtout pas pour les électeurs djiboutiens.
"On sait qui va gagner.La seule question, c'est de voir si l'autre candidat (Ragueh) va faire un score honorable (...)", expliquait ainsi Mohamed, 56 ans, arborant sur son petit doigt la tache d'encre indélébile des électeurs ayant voté.
Ce scrutin intervient près de deux mois après les manifestations de rue les plus importantes depuis l'Indépendance.Le 18 février, plusieurs milliers de personnes avaient appelé au départ de M. Guelleh.Deux personnes avaient été tuées selon un bilan officiel.
Pour ce troisième mandat annoncé, M. Guelleh a promis la construction d'une nouvelle voie ferrée entre Djibouti et l'Ethiopie et s'est engagé à diminuer le coût de la vie, particulièrement élevé à Djibouti.
Sur la scène internationale, le chef de l'Etat sortant a su tirer profit depuis son arrivée au pouvoir de la situation stratégique de son pays, pièce maîtresse de la lutte antiterroriste des Etats Unis dans la Corne de l'Afrique, et base avancée de la lutte contre la piraterie somalienne dans l'océan Indien.
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