Décidément, rien ne va plus pour Nicolas Sarkozy. Non seulement le président de la République bat des records d'impopularité (29% d'opinions positives, selon un sondage Viovoice pour Libération), mais son parti politique est en pleine crise. Les défections se multiplient, et le chef de l'Etat a désormais un nouvel adversaire annoncé pour la présidentielle... son ancien ministre, Jean-Louis Borloo. Ce dernier a annoncé jeudi dernier sur France 2 son intention de participer à la course en tant que candidat du Parti radical. C'est un coup dur pour Nicolas Sarkozy. Jean-Louis Borloo fait partie des personnalités politiques les plus populaires, avec 60% d'opinions favorables dans le dernier baromètre Ifop/Paris-Match. Stéphane Rozès, le politologue et président de CAP (Conseils, analyses et perspectives), va même jusqu'à pronostiquer : "Si Borloo est candidat, Nicolas Sarkozy ne sera pas au second tour de la présidentielle ».Et effectivement, Borloo pourrait bien être le troisième homme de 2012, à moins que ce rôle n'échoie à Marine Le Pen. Selon un sondage Ifop pour Le JDD paru hier, l'ancien ministre de l'Ecologie apparaît comme le meilleur candidat du centre pour 2012, devançant d'une courte tête François Bayrou, et distançant Dominique de Villepin et Hervé Morin. Comme une défection ne va jamais seule, une autre ex-membre du gouvernement a annoncé qu'elle quittait l'UMP. Rama Yade a justifié son choix par sa « solidarité » avec Borloo : «Il y a eu une fracture avec l'UMP. Je ne me suis plus sentie entendue dans ce mouvement donc je le quitte». La jeune femme a apporté officiellement son soutien à l'ancien ministre de l'Environnement pour 2012. Une recrue de choix pour le parti radical, Rama Yade figurant elle aussi parmi les personnalités politiques préférées des Français. Le franc-parler et la "gouaille" de l'ancien symbole de la diversité du gouvernement Fillon plaisent aux électeurs et pourraient bien être un atout important pendant la campagne. De toute évidence, le parti majoritaire censé réunir la droite s'effrite. Pour certains analystes politiques, il s'agirait d'un signe supplémentaire de la perte d'autorité de Nicolas Sarkozy sur sa majorité. En tous cas, le fait que les centristes prennent aujourd'hui leurs distances avec le parti majoritaire n'est sans doute pas étranger au « coup de barre à droite » donné ces dernières semaines par le gouvernement. Rama Yade, ex-secrétaire d'Etat issue de la diversité, a ainsi indiqué qu'elle n'avait pas supporté la phrase du ministre de l'Intérieur Claude Guéant selon laquelle "les Français ne se sentent plus chez eux". Mais les résultats des derniers sondages concernant 2012 y sont sûrement aussi pour quelque chose... Les mauvais scores de Nicolas Sarkozy donnent peut-être envie à certains de s'éloigner d'un parti qui n'a plus grand-chose à voir avec la « machine à gagner » de 2007. Clémence Mortier
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