Cette session extraordinaire se tient à la demande de l'Union européenne, avec le soutien de 17 pays membres du Conseil des droits de l'homme (CDH), dont la France et le Royaume-Uni, et de 36 autres pays observateurs, dont les Etats-Unis et le Canada. Cette demande intervient au moment où le gouvernement éthiopien mène une "contre-offensive" pour reprendre du terrain aux rebelles qu'il combat dans le nord du pays depuis novembre 2020. "A la lumière de l'aggravation de la situation, nous pensons que la communauté internationale a l'obligation morale d'essayer de prévenir de nouvelles atrocités et de garantir (...) la justice pour les victimes et les survivants", a affirmé l'ambassadrice de l'UE auprès de l'ONU, Lotte Knudsen. "Le Conseil des droits de l'homme doit être à la hauteur de ses responsabilités", a-t-elle ajouté dans une déclaration écrite. "L'Union européenne n'a pas réagi de manière adéquate et n'a pas été en mesure d'éviter les atrocités ethniques commises, car beaucoup de ses membres n'ont pas considéré que l'adoption de sanctions serait un instrument adéquat", a déploré lundi soir Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, à l'issue d'un conseil des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. L'unanimité est requise pour l'adoption de sanctions européennes. - "Perplexe et attristée" - Dans un communiqué, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a accusé les pays qui souhaitent la session d'avoir des considérations "politiques". "L'Ethiopie est une fois de plus perplexe et attristée par la situation regrettable qui se déroule au Conseil", a-t-il écrit. Pendant la session, les pays membres du Conseil devront examiner un projet de résolution de l'UE, que l'ONU a transmis aux médias. Le texte propose d'établir "pour une durée d'un an, renouvelable" une Commission internationale d'experts chargés d'enquêter sur les violations des droits humains commis par toutes les parties au conflit depuis novembre 2020. Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU organise trois sessions ordinaires par an, mais si un tiers des 47 Etats membres en fait la demande, il peut décider à tout moment de tenir une session extraordinaire. La guerre en Ethiopie a éclaté en novembre 2020 après la décision du Premier ministre Abiy Ahmed d'envoyer l'armée dans la région septentrionale du Tigré afin d'en destituer les autorités locales, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui défiaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires. Abiy Ahmed avait proclamé la victoire trois semaines plus tard, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais en juin, le TPLF a repris l'essentiel du Tigré, puis avancé dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara. Le 25 novembre, Abiy Ahmed a annoncé se rendre en personne au front pour mener la "contre-offensive". Depuis, le gouvernement a annoncé avoir repris du terrain. Selon la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, le conflit au Tigré est marqué par une "brutalité extrême". Dans une enquête conjointe avec la Commission éthiopienne des droits de l'homme, créée par le gouvernement éthiopien, elle a conclu début novembre à de possibles crimes contre l'humanité commis par toutes les parties.
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