L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, arrêté lundi à Abidjan, a été transféré mercredi dans le nord du pays, tandis que son successeur Alassane Ouattara a demandé à la Cour pénale internationale d'enquêter sur des accusations de massacres visant notamment ses partisans.
M. Gbagbo, qui avait refusé pendant quatre mois de reconnaître sa défaite à la présidentielle, plongeant le pays dans une quasi-guerre civile, avait été arrêté lundi dans la résidence présidentielle et conduit dans la foulée à l'hôtel du Golf, quartier général de M. Ouattara, après une guerre de 10 jours.
"A l'heure où je vous parle, Monsieur Laurent Gbagbo n'est plus à l'hôtel du Golf, il est en Côte d'Ivoire, bien sécurisé", a déclaré M. Ouattara au cours d'une conférence de presse.
Le porte-parole de la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), Hamadoun Touré, a précisé à l'AFP qu'il avait été transféré dans le nord du pays.
"L'hélicoptère transportant Laurent Gbagbo a décollé à 12H40 (locales et GMT), direction le nord du pays", a déclaré Hamadoun Touré, sans préciser sa destination.
Alassane Ouattara a promis de quitter son hôtel-QG pour s'installer au palais présidentiel, "d'ici la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine".
Le quartier du Plateau (centre) où se trouve le palais présidentiel avait été le théâtre de violents combats entre forces fidèles à Laurent Gbagbo et combattants d'Alassane Ouattara, appuyés par des frappes aériennes de l'armée française et de l'ONU.
Depuis la présidentielle du 28 novembre 2010, M. Ouattara et son équipe étaient retranchés au "Golf", soumis à partir de la mi-décembre à un blocus des forces pro-Gbagbo, levé la semaine dernière.
Dans l'intérieur du pays, la situation humanitaire reste très difficile, notamment dans l'Ouest où les combattants des deux camps ont été accusés d'exactions par l'ONU et des ONG.
Alassane Ouattara a annoncé qu'il allait "demander au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d'engager des investigations" sur les massacres survenus dans l'Ouest.
"Ces massacres sont inadmissibles, indignes (...), je suis révolté", a-t-il ajouté avec émotion, alors que ses partisans sont accusés d'être responsables de certaines tueries, survenues notamment fin mars à l'occasion de l'offensive victorieuse de ses combattants lancée à partir de cette région.
"Je ferai tout pour que ces condamnations soient un exemple, non seulement pour les Ivoiriens, mais aussi pour l'Afrique et le monde entier", a promis le chef de l'Etat ivoirien, soulignant qu'il souhaitait que ces investigations débutent "le plus rapidement possible".
Le président a aussi assuré que l'exportation de cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, qui avait cessé en raison des sanctions internationales visant Laurent Gbagbo, allait reprendre "immédiatement".
Durant les quatre mois de crise post-électorale, quelque 400.000 tonnes de fèves brunes se sont accumulées dans les ports ivoiriens d'Abidjan et de San Pedro (sud-ouest).
A Abidjan, les autorités tentaient toujours mercredi de contenir le chaos qui règne dans la capitale économique du pays, et de remettre sur pied des forces de l'ordre pour lutter contre pillages et violences.
M. Ouattara a promis la "pacification totale" du pays d'ici "un à deux mois", et que ses propres éléments seraient radiés immédiatement en cas de pillages.
Des patrouilles de gendarmerie ivoiriennes et françaises vont circuler à Abidjan pour montrer qu'un "Etat de droit se met en place" après l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara, a annoncé à Paris le ministre français de la Défense, Gérard Longuet.
Il n'a pas précisé quand débuteraient les patrouilles de gendarmes français et ivoiriens ni si elles seraient conjointes.
Les quatre mois de crise ont fait au moins 800 morts dont la moitié à Abidjan, selon l'ONU.
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