Ouganda: le leader de l'opposition blessé lors d'une manifestation réprimée

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KAMPALA (AFP)

La police ougandaise a de nouveau empêché jeudi des partisans de l'opposition de manifester et le chef de l'opposition Kizza Besigye a été blessé à la main tandis que plusieurs députés étaient arrêtés.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes et a tiré en l'air pour empêcher M. Besigye et plusieurs de ses partisans d'organiser à Kampala une marche pour protester contre l'augmentation des prix des denrées de base et la mauvaise gouvernance, selon eux, du régime du président Yoweri Museveni, a-t-on appris de différentes sources.

Les manifestants ont riposté par des jets de pierres et les heurts ont fait plusieurs blessés, a constaté un photographe de l'AFP.

Les forces de sécurité ont également dispersé à coups de gaz lacrymogènes des centaines de protestataires dans les villes de Jinja (est) et de Masaka (sud-est).

 M.Besigye "a été blessé au doigt par une balle en plastique.Nous l'avons amené à l'hôpital pour évaluer la gravité de la blessure", a indiqué l'un de ses collaborateurs, Patrick Wakidi.

"Il a été blessé au cours de la manifestation, c'est une blessure à la main", a confirmé le secrétaire général de la Croix rouge ougandaise, Michael Richard Nataka.

M. Besigye a été hospitalisé avec une trentaine de personnes, également blessées lors de la dispersion de la manifestation, a précisé cette source.

Un porte-parole de la police, Vincent Ssekate, a reconnu que l'opposant avait été blessé, affirmant toutefois que le candidat malheureux à la présidentielle de février s'était tordu la main en tombant.

M. Besigye comptait pour la deuxième fois de la semaine recourir à une méthode particulière: il a appelé les Ougandais à se rendre au travail à pied, espérant ainsi organiser une marche pour montrer au gouvernement le mécontentement présumé de la population n'ayant plus les moyens de se payer les transports en commun.

Jeudi matin, M. Besigye était attendu par des policiers anti-émeute alors qu'il s'appêtait à quitter son domicile de Kasangati, dans la périphérie de Kampala pour se rendre au travail à pied.

"Nous l'avons empêché de marcher jusqu'à son lieu de travail.Nous avions des informations selon lesquelles Besigye avait incité les gens à se joindre à lui en chemin pour semer le chaos une fois en ville", a expliqué le porte-parole de la police.

"Il y a des lois régissant les processions et M. Besigye doit les respecter, faute de quoi nous ne pouvons pas l'autoriser à continuer", a-t-il ajouté.

Interrogé par l'AFP peu avant l'intervention de la police, M. Besigye a revendiqué son "droit à marcher pour aller au travail"."Pourquoi la police me bloque-t-elle ? Faut-il que je demande la permission de la police pour me rendre à pied au travail ?"

Dans un autre faubourg de Kampala, deux députés et le maire de Kampala, tous trois de l'opposition, ont été brièvement arrêtés et inculpés pour désobéissance, selon le porte-parole de la police.Un troisième parlementaire a également été arrêté à Mukono, en périphérie de la capitale, a-t-il ajouté.

Lundi, M. Besigye avait été arrêté et inculpé notamment "d'incitation à la violence" pour avoir tenté d'organiser une marche similaire.Il sera jugé le 11 mai.

M. Besigye avait été largement battu par le président sortant Museveni (au pouvoir depuis 1986) lors de l'élection de février dernier, un scrutin marqué par des fraudes du régime en place, selon l'opposition.

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