Le Maroc a libéré jeudi de nombreux détenus politiques, dont des islamistes et des Sahraouis, une grace présentée comme un geste d'apaisement après les revendications d'ONG et de jeunes contestataires pour des réformes politiques profondes.
Près de 190 personnes ont été grâciées par le roi Mohammed VI, parmi lesquels six islamistes réputés modérés, dont Mustapha Moâtassim, chef du parti Al Badil Al Hadari (Alternative civilisationnelle) dissout par décret gouvernemental en février 2008.
Ils ont été condamnés dans le cadre du dossier du Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj, accusé d'avoir dirigé un réseau extrémiste présumé de 35 membres et condamné à perpétuité en juillet 2010.
Le même jour, le tribunal de première instance de Casablanca a décidé la mise en liberté provisoire de trois militants sahraouis arrêtés en octobre 2009 et accusés "d'atteinte à la sécurité intérieure" du Maroc.
Les trois prisonniers sahraouis, Ali Salem Tamek, Ibrahim Dahhane et Ahmed Naciri, ainsi que quatre autres -dont une femme- laissés libres, ont été arrêtés en octobre 2009 à l'aéroport de Casablanca à leur retour de Tindouf, dans le Sud algérien, place forte du mouvement pour l'indépendance du Sahara occidental, le Polisario.
Cette grâce royale "crée un climat positif dans le cadre du débat actuel visant à tourner la page du passé.Nous espérons que toutes les parties sont conscientes de la pertinence de la décision royale", a déclaré le ministre marocain de la Communication, Khalid Naciri, après ces libérations.
Seuls 96 des 190 concernés par la grâce royale seront libérés "dans l'immédiat.Les autres, pour la plupart des prisonniers de droit commun, ont vu leurs peines diminuer substantiellement", selon une source du ministère de la Justice marocain.
Selon les observateurs, la décision royale s'inscrit dans un climat d'ouverture face au mouvement de revendication mené notamment par les jeunes du Mouvenement du 20 février, et après le discours du 9 mars dans lequel le roi Mohammed VI a annoncé d'importantes réformes politiques.
"La grâce intervient dans le cadre de la dynamique que connaît le Maroc après le 9 mars et l'ouverture du chantier des réformes politiques et constitutionnelles", explique le politologue Mohamed Darif.
"Il est logique que le roi prenne des mesures d'accompagnement, qui sont des mesures politiques, pour établir la confiance avec les partenaires", selon M. Darif.
Parmi les personnes grâciées figure le militant Chakib El-Khyari, condamné en février 2009 à trois ans de prison ferme après avoir dénoncé le trafic de drogue dans le nord du Maroc.
"Il y a aujourd'hui unanimité autour des réformes.Il faut renforcer le dialogue pour y parvenir", a indiqué pour sa part Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l'homme, mis en place récemment par le roi.
Le Mouvement de jeunes du 20 février, qui revendique des changements politiques profonds au Maroc, a appelé cette semaine à de nouvelles manifestations le dimanche 24 avril.
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