Plusieurs milliers d'étudiants de la principale université de Kampala manifestaient vendredi, au lendemain d'affrontements qui ont fait 57 blessés entre forces de sécurité et partisans de l'opposition dénonçant la cherté de la vie et le régime du président Yoweri Museveni.
Selon une source policière, quelque 8.000 étudiants de la prestigieuse université de Makerere, soit un quart des effectifs, étaient rassemblés dans l'enceinte du campus, pour protester contre un projet d'augmentation des frais de scolarité.Certains réclamaient également le départ de M. Museveni.
La police anti-émeute, appuyée par l'armée, encerclait le campus situé dans le nord de la capitale pour éviter que les protestataires n'en sortent, a constaté un journaliste de l'AFP.
La porte-parole de l'université, Rita Namisango a expliqué à l'AFP qu'aucune augmentation des frais d'inscription n'était prévue et appelé les étudiants à cesser leur mouvement.
Par ailleurs, la police a dispersé plusieurs centaines de personnes à Rukungiri (ouest), la ville natale du chef de l'opposition Kizza Besigye, blessé à un doigt jeudi lors de l'intervention des forces de l'ordre.
"Ils protestaient contre la manière dont le gouvernement a traité M. Besigye", a expliqué Alice Alaso, secrétaire générale du parti de l'opposant, le Forum pour le changement démocratique.Cette dernière a affirmé que des manifestants avaient été frappés, sans pouvoir donner plus de précisions sur la nature de leurs blessures.
Jeudi, les forces de sécurité avaient réprimé des tentatives de rassemblements organisés par l'opposition dans la périphérie de Kampala ainsi qu'en province, à Jinja (est), Masaka (sud), Maraba (sud) et Gulu, la principale ville du nord.
"Nous avons réussi à rétablir l'ordre.Les incidents isolés à Kampala et dans certaines villes de province ont été été bien gérés et les rues sont à présent sûres", s'est félicité vendredi matin le porte-parole adjoint de la police ougandaise Vincent Ssekate.
Les heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont fait plusieurs dizaines de blessés.
"Hier (jeudi) soir, nous avions un total de 47 blessés.Ce matin, nous en avons 57 après avoir inclu les blessés de villes comme Jinja, Masaka et Gulu", a rapporté à l'AFP le secrétaire général de la Croix Rouge ougandaise Michael Richard Nataka.
"Il y a des informations faisant état de deux morts à Gulu", a-t-il précisé, sans être en mesure de confirmer ces décès.
Vendredi, M. Besigye a accusé la police de l'avoir délibérément visé: "C'était (un tir) à très courte portée.Personne ne peut raisonnablement penser qu'il s'agissait d'une balle perdue".
Salamu Musumba, la vice-présidente du FDC, a appelé à de nouveaux mouvements de protestation dimanche et lundi tandis que le chef adjoint de la police Asan Kasingye rappelait le caractère illégal de ces manifestations.
M. Besigye avait été largement battu par le président sortant Museveni (au pouvoir depuis 1986) lors de l'élection présidentielle de février dernier, un scrutin marqué par des fraudes du régime en place, selon l'opposition.
Tout au long de la campagne, puis à l'issue de l'élection, l'opposant avait brandi la menace de manifestations de rue, affirmant croire à une possible révolte populaire, sur le modèle de la révolution égyptienne.
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