Côte d'Ivoire: prochaine reprise des classes, l'animation revient à Abidjan

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ABIDJAN (AFP)

Le pouvoir du président ivoirien Alassane Ouattara a poursuivi vendredi la reprise en main progressive d'une situation chaotique avec la réouverture prochaine des écoles, la reparution d'un quotidien et une animation croissante à Abidjan.

En revanche la confusion régnait sur le sort de Charles Blé Goudé, un des plus farouches partisans de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.

Le porte-parole du gouvernement Patrick Achi a d'abord affirmé vendredi à l'AFP que M. Blé Goudé, ancien chef des "jeunes patriotes" et ministre de M. Gbagbo, "avait été appréhendé hier (jeudi)" et "se trouvait en résidence surveillée".

Le porte-parole a ensuite fait machine arrière, en se rétractant: "Les premières informations que j'avais n'ont pas été confirmées par la suite", a alors dit Patrick Achi, sans fournir d'explication sur cette confusion. 

 Laurent Gbagbo avait été arrêté lundi dans sa résidence à Abidjan, après quatre mois de crise nés de la contestation des résultats de l'élection présidentielle remportée par Alassane Ouattara, désormais au pouvoir, et dix jours de guerre dans la grande métropole ivoirienne.

La télévision TCI a par ailleurs annoncé vendredi une reprise des classes pour le 26 avril dans les écoles du pays.Les cours avaient cessé en raison de la crise qui a suivi la présidentielle de novembre.

Le conflit a fait quelque 900 morts, selon un bilan de l'ONU.

 La TCI a confirmé aussi la reprise de l'exportation du cacao, dont la Côte d'Ivoire est premier producteur mondial.Le cacao représente une manne sur laquelle M. Ouattara, un économiste, compte pour relancer un pays cassé par la crise et les sanctions internationales qui avaient visé le régime sortant.

Autre signe de normalisation, un premier quotidien ivoirien, Le Patriote, très proche d'Alassane Ouattara, a reparu vendredi à Abidjan, avec en Une l'emblématique photo de M. Gbagbo lors de son arrestation, qualifié de "héros devenu zéro".

La parution des journaux avait cessé fin mars, avec le début des combats.

"Quel gâchis", titre le quotidien, dénonçant "des morts, des pleurs, des larmes, la haine...pour rien".

"Opposant historique, Laurent Gbagbo avait eu l'occasion d'entrer dans l'histoire.Hélas, il n'y est pas parvenu (...) Il se voulait Lumumba, (mais) Gbagbo rejoint, tristement, Bokassa ou Taylor sur la liste des dictateurs africains", dans son édition consacrée à la "révolution des lagunes".

Dans les rues d'Abidjan, livrées aux pillages, aux bandes armées et aux combats entre forces des deux rivaux ces derniers jours, la sécurité s'améliorait petit à petit malgré le désordre et les pillages persistant dans certains secteurs.

"Ce week-end, les gens se retrouveront dans les +maquis+ (restaurants de quartier) et les boîtes de nuit", prédisait un militaire ivoirien optimiste.

Les gens osent de plus en plus sortir eux et prendre leur voiture après s'être barricadés à domicile pendant les combats.

Des hommes du nouveau régime poursuivaient leurs  patrouilles pour tenter de ramener l'ordre.

"Y a-t-il des grenades abandonnées, des armes, des munitions quelque part ? C'est dangereux pour vos enfants et pour vous, alors signalez-les nous", déclarait le "commandant Morro" dans les rues d'Abidjan.

Laurent Gbagbo, dont on est sans nouvelles, a été transféré dans un lieu dit sûr du nord du pays après son arrestation.

Mais le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a assuré vendredi qu'il n'était "pas livré à l'arbitraire" et a confirmé qu'il bénéficiait de la protection des forces de l'ONU.

Après quatre mois de crise postélectorale, le président sortant a été arrêté par les forces du chef de l'Etat internationalement reconnu après un pilonnage intensif mené par les forces françaises et celles de l'Onuci, selon l'ONU, Paris et le nouveau gouvernement.

Mercredi, l'ONU a annoncé que M. Gbagbo avait été transféré dans une résidence présidentielle du nord du pays.

Le camp Gbagbo, qui conteste la légalité de l'arrestation, a interpellé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et saisi des avocats à Paris.

Malgré le redémarrage des activités et la stabilisation politique, la mise en place du nouveau pouvoir prendra du temps.

L'installation de M. Ouattara au palais présidentiel, qu'il avait annoncée pour les prochains jours, a été repoussée de "plusieurs semaines", le temps de remettre en état les locaux, d'après une source à la présidence.

Dans les couloirs du palais occupé pendant onze ans par Laurent Gbagbo, au sous-sol, entre cuisines et buanderie, des caisses vert sombre étaient entassées vendredi les unes sur les autres, pleines de centaines de roquettes.

D'ici là, le chef de l'Etat restera à son QG du Golf Hotel d'Abidjan.

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