Sous une nuée de drapeaux noir, blanc, rouge et vert du Soudan, ils brandissaient les portraits des 81 manifestants tués dans la répression depuis le coup d'Etat du général Abdel Fattah al-Burhane le 25 octobre. "Nous sommes prêts à manifester une année entière", a déclaré à l'AFP l'une d'eux, Thouyaba Ahmed, étudiante de 24 ans. Les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes sur les manifestants qui tentaient de s'approcher du palais présidentiel, où siège le chef de l'armée, le général Burhane. Ils ont également mis en branle leurs canons à eau et des blessés ont été évacués par leurs camarades, a rapporté le journaliste de l'AFP. Au même moment, des dizaines de partisans du dictateur Omar el-Béchir renversé en 2019 sous la pression de la rue, étaient rassemblés devant le tribunal de Khartoum en soutien à Ibrahim Ghandour, son ancien ministre des Affaires étrangères. L'homme, en grève de la faim depuis un mois avec plusieurs anciens responsables du régime Béchir, s'y trouvait pour une nouvelle audience de son procès pour un coup d'Etat manqué en juillet 2020. Dans un pays de plus en plus divisé, l'expert onusien des droits humains, le Sénégalais Adama Dieng, est censé rencontrer divers responsables ainsi que des acteurs de la société civile pour tenter de faire la lumière sur la répression des manifestants. Sa venue en janvier avait été une première fois repoussée par les autorités soudanaises, critiquées par la communauté internationale pour la répression sanglante et des rafles qui se poursuivent dans les milieux militants. Plus d'une centaine d'organisateurs de défilés, de manifestants ou de politiciens sont actuellement derrière les barreaux et plusieurs d'entre eux sont récemment entrés en grève de la faim pour dénoncer les "mauvais traitements" qu'ils disent subir en détention.
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