Ouganda: les figures de l'opposition arrêtées, un manifestant tué

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KAMPALA (AFP)

La police ougandaise a de nouveau arrêté lundi les principaux dirigeants de l'opposition, qui tentaient pour la deuxième semaine consécutive d'organiser des "marches" contre la vie chère, et réprimé plusieurs petits foyers d'émeutes, faisant un mort et au moins 14 blessés.

 Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs à balles réelles pour disperser des protestataires qui tentaient d'ériger des barricades sur une avenue du nord de la capitale Kampala et y jetaient des pierres, tout comme à Jinja dans l'est.

Un jeune homme, à la santé déjà fragile, est décédé à l'hôpital à Kampala après avoir inhalé une quantité trop importante de gaz lacrymogène, et 14 autres personnes ont été hospitalisées, certaines blessées par balle, a rapporté à l'AFP le secrétaire général de la Croix Rouge ougandaise, Richard Nataka.

De son côté, Kizza Besigye, leader du Forum pour le changement démocratique (FDC, coalition d'opposition), a été interpellé tôt lundi matin par la police alors qu'il sortait à pied de son domicile de la périphérie de Kampala.

Au moins 17 responsables de l'opposition ont été arrêtés selon l'opposition dans les mêmes circonstances, dont Norbert Mao, leader du Parti démocratique, et Olara Otunnu, le dirigeant du Congrès du peuple ougandais (UPC), tous deux candidats malheureux à l'élection présidentielle de février.

M. Besigye a été inculpé notamment pour incitation à la violence et remis en liberté sous caution.M. Mao a pour sa part refusé de solliciter sa libération sous caution, et, avec six de ses camarades, il a été transféré en prison où il restera détenu au moins jusqu'au 2 mai, a indiqué son parti.

M. Besigye, 54 ans, a dénoncé "le harcèlement et la persécution" dont il estime faire l'objet, ajoutant qu'il entendait poursuivre son mouvement cette semaine: "personne n'a démontré que ce que j'essaie de faire est mal".

L'ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni avait déjà été interpellé le 11 avril à la sortie de son domicile et inculpé "d'incitation à la violence", après avoir annoncé son intention de "marcher" contre l'augmentation des prix des denrées de base.

 Devant la pression d'un régime toujours prompt à interdire toute manifestation "illégale", l'opposition entendait tester une nouvelle tactique de "happening" politique: appeler les Ougandais à se rendre au travail à pied, en une "marche" de protestation contre la vie chère.

M. Besigye avait été largement battu par M. Museveni (au pouvoir depuis 1986) lors de la présidentielle de février, un scrutin marqué par des fraudes du régime en place, selon l'opposition.

Tout au long de la campagne puis à l'issue de l'élection, l'opposant avait brandi, en vain, la menace de manifestations de rue, à l'image des révoltes populaires dans le monde arabe.

Renonçant à contester les résultats de la présidentielle, l'opposition joue désormais la carte du mécontentement d'une population confrontée au quotidien à l'augmentation des prix des biens de première nécessité, comme l'essence, les transports en commun et les produits alimentaires.

Plusieurs de ces marches et rassemblements organisés la semaine dernière à Kampala et en province ont été dispersés sans ménagement par la police, avec au moins une soixantaine de blessés selon la Croix rouge ougandaise, parmi lesquels M. Besigye, touché à la main par une balle en plastique, selon ses partisans.

Visiblement très nerveux face à cette colère qui monte, le gouvernement a de nouveau lancé dimanche "un fort avertissement" à l'opposition et dénoncé "un groupe motivé politiquement qui tente de saper l'autorité légitime afin de prendre le pouvoir par des moyens illégaux".

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