Un millier de personnes ont péri en six semaines à Misrata, ville rebelle assiégée par les forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, selon des sources médicales, Londres annonçant lundi son intention d'évacuer par mer 5.000 travailleurs étrangers.
L'opération, menée par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), conduira les travailleurs immigrés, dont beaucoup d'Egyptiens, en Egypte, a indiqué le secrétaire d'Etat britannique pour le développement international Andrew Mitchell.
"La situation à Misrata s'est sérieusement détériorée ces derniers jours.Cinq mille travailleurs étrangers pauvres sont bloqués sur un quai.Des explosions ont lieu à quelque 300 mètres de là où ils se trouvent", a-t-il dit à la BBC.
M. Mitchell a également annoncé que la Grande-Bretagne financerait d'autres missions d'assistance pour des villes dans l'ouest de la Libye.
A Misrata, ville côtière à 200 km à l'est de Tripoli, la mer reste la seule porte sur l'extérieur, et c'est par là que l'OIM, notamment, évacue des migrants: 1.000 ont été secourus lundi, 1.200 vendredi.
Jeremy Haslam, chef de la mission de l'OIM dans le pays, a indiqué craindre un mouvement d'exode de masse des quelque 400.000 habitants libyens de la ville qui dépasserait les capacités logistiques du dispositif mis en place par l'OIM, le Qatar et Médecins Sans Frontières (MSF).
En six semaines, un millier de personnes ont péri à Misrata et 3.000 ont été blessés, selon des sources médicales.
"Quatre-vingts pour cent des morts sont des civils", estime l'administrateur de l'hôpital de Misrata, le Dr Khaled Abou Falgha.
Ce bilan n'a pas pu être confirmé auprès d'autres sources.Selon Human Rights Watch, citant des sources médicales à Misrata, à la date du 15 avril, 267 corps avaient été amenés dans les morgues de la ville, mais "le nombre de morts est plus élevé car certaines familles n'ont pas transporté les corps de leurs proches dans une morgue".
L'hôpital a enregistré une augmentation du nombre de civils blessés par des balles à haute vélocité tirées par des snipers et provoquant des blessures dont les séquelles sont souvent irréversibles.
Le Dr Mouqtar a précisé avoir également constaté, depuis la semaine dernière, de graves blessures causées par des bombes à sous-munitions, interdites par une convention internationale mais que les forces pro-Kadhafi emploient depuis jeudi, selon les rebelles et HRW.
"Rester à Misrata est terrible.Tout le monde à Misrata se trouve sur la ligne de front", dit un responsables rebelle, décrivant des combats "horribles".
L'ONU a rapporté lundi que deux de ses émissaires de haut rang avaient exigé dimanche, lors d'une rencontre à Tripoli avec le Premier ministre libyen Al-Baghdadi Ali Al-Mahmoudi, la fin "immédiate" des attaques contre Misrata.
Ailleurs en Libye, les combats se poursuivaient à Nalout (ouest) et à Ajdabiya (est).
Près de Nalout, des combats ont lieu lundi après-midi entre rebelles et pro-Kadhafi à moins d'une dizaine de kilomètres de la frontière avec la Tunisie, selon un témoin.
Environ 3.000 Libyens ont fui samedi les montagnes de l'ouest du pays pour rejoindre la Tunisie, a indiqué le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).
A Ajdabiya, les rebelles tenaient toujours la ville lundi, selon un journaliste de l'AFP qui a entendu trois tirs de roquettes au loin à l'ouest dans la matinée.
Seif Al-Islam, un des fils du colonel Kadhafi, a affirmé que les forces loyales n'avaient "commis aucun crime", dans une interview parue lundi dans le Washington Post.
La coalition internationale est intervenue le 19 mars, sur mandat de l'ONU, pour protéger les civils, et l'Otan a pris les commandes de l'intervention militaire le 31 mars.
Lors de ses 145 sorties dimanche, l'Alliance affirme avoir notamment détruit sept bunkers de munitions près de Tripoli, quatre radars de défense aérienne près de Misrata, et quatre lanceurs près de Zenten (ouest).
De nouveaux raids de l'Otan ont visé lundi la ville d'Al-Aziziyeh, au sud Tripoli, selon l'agence officielle Jana qui ne précise pas les cibles.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé lundi à un cessez-le-feu réel en Libye, soulignant que c'était l'un des trois objectifs des Nations unies dans ce pays, avec l'extension de l'aide humanitaire et la poursuite du "dialogue politique et la recherche d'une solution politique".
Pour le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, il faut "maintenir la pression militaire" en Libye, le départ de Mouammar Kadhafi étant "le but principal" de la coalition.
Le Premier ministre britannique David Cameron a répété qu'il n'était "pas question d'une invasion ou d'une occupation", alors que le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, Axel Poniatowski, réclamait à l'Otan l'envoi de forces spéciales au sol pour éviter un "enlisement".
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