Le chef de l'opposition en Ouganda, Kizza Besigye, a été placé jeudi en détention jusqu'à mercredi au moins, après une nouvelle tentative, réprimée par la police, d'animer des manifestations contre la cherté de la vie.
M. Besigye, 55 ans, a été arrêté tôt jeudi matin, pour la troisième fois en onze jours, alors qu'il venait de prendre la tête d'une manifestation de plusieurs centaines de ses partisans dans la capitale ougandaise, Kampala.
Alors que ses deux précédentes comparutions en justice, les 11 et 18 avril, s'étaient soldées par des remises en liberté sous caution, Kizza Besigye a cette fois été maintenu en détention jusqu'à une prochaine audience fixée au 27 avril, a annoncé la magistrate saisie du dossier, Justine Atukwasa.
Kizza Besigye et trois de ses partisans ont été inculpés de participation à un rassemblement illégal, une charge qui s'ajoute aux précédentes énoncées ce mois-ci, dont celle d'incitation à la violence.
Le chef du Forum pour le changement démocratique a affirmé "être victime d'une persécution policière"."La police utilise ce tribunal pour perpétuer la violation de mes droits", a ajouté le candidat malheureux à l'élection présidentielle de février.
Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986 et réélu il y a deux mois, avait prévenu qu'il n'autoriserait aucune manifestation.
Pour la quatrième journée de protestation depuis le début du mois, M. Besigye avait quitté jeudi son domicile en voiture.A mi-chemin, il avait abandonné son véhicule pour continuer à pied, aussitôt entouré d'une foule de plusieurs centaines de partisans chantant et dansant autour de lui.
La police a dispersé par des tirs de gaz lacrymogène les manifestants, dont certains ont riposté en lançant des pierres.
Depuis la semaine dernière, quatre manifestants ont été tués et une soixantaine blessés lors de la répression par les forces de l'ordre, selon la Croix Rouge ougandaise, précisant que trois ont été atteint par des balles et que le quatrième est décédé après avoir inhalé une quantité importante de gaz lacrymogène.
Un autre dirigeant de l'opposition, Norbert Mao, leader du Parti démocratique, est détenu depuis qu'il a refusé lundi de présenter une demande de liberté sous caution.Il a été transféré jeudi matin de la prison de Luzira à Kampala vers un autre centre pénitencier à 130 km de la capitale, celui de Nakasongola, les autorités pénitentiaires craignant un assaut de la prison de Kampala par les partisans de M. Mao.
Défaite à la présidentielle de février mais ayant renoncé à porter devant la justice ses allégations de fraude électorale massive, l'opposition a opté pour une nouvelle tactique consistant à appeler la population à se rendre au travail à pied pour marquer sa colère face à l'inflation.
Les prix ont augmenté de 4% en mars par rapport au mois précédent, et le taux annuel de l'inflation s'élève à 11,1% dans ce pays enclavé d'Afrique de l'Est de près de 33 millions d'habitants, doté d'importantes réserves pétrolières.
L'opposition accuse M. Museveni d'avoir fait tourner la planche à billets pour favoriser sa réélection, alors que le président réélu cite des causes extérieures comme l'envolée des cours mondiaux du pétrole et des produits alimentaires.
Tout au long de la campagne présidentielle déjà, M. Besigye avait brandi la menace de manifestations de rue, et cité en exemple les révoltes populaires dans le monde arabe.
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