A Ajdabiya, le décompte des disparus de la guerre libyenne a commencé

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AJDABIYA (Libye) (AFP)

Najim Miftah tient un registre de personnes disparues à l'hôpital d'Ajdabiya, ville stratégique de l'est de la Libye où se sont déroulés d'intenses combats.En deux jours, il a ouvert plus de 70 nouveaux dossiers.

"Depuis que la situation s'est calmée, les gens trouvent le courage de venir ici et de nous informer", dit-il.

Najim a sauvegardé 297 autres dossiers sur un ordinateur rempli de photos de ceux qui ont succombé à leurs blessures à l'hôpital, dans l'espoir d'aider les familles à identifier les corps.

Parmi ceux venus ce week-end, cinq hommes angoissés souhaitant enregistrer les noms de deux frères combattants qui ont disparu à la mi-mars.Au cours de ce mois, la ligne de front s'est déplacée à maintes reprises, les forces loyales au dirigeant Mouammar Kadhafi et les insurgés jouant au chat et à la souris.

"Ma mère et mes soeurs ne voulaient sortir dans la rue, alors je suis venu pour inscrire le nom de mon frère disparu le 14 mars", raconte Diab Ali, 28 ans.Il affirme avoir repéré la voiture brûlée de son frère sur l'autoroute traversant le désert, sans retrouver son corps.

L'autoroute entre Ajdabiya et Brega, auparavant théâtre de violents combats, est actuellement relativement calme, les deux parties ne voulant pas prendre trop de risques.

"Il y a très peu de heurts en ce moment", assure Abdelsalam Abdelrazek, un rebelle de 26 ans.

A Ajdabiya, désormais ville fantôme, on ne voit que quelques échoppes ouvertes et des carcasses de voitures carbonisées.

En revanche, à l'hôpital, Najim est très occupé."Les gens affluent ici.J'ai reçu plus de 20 dossiers depuis le matin".

Difficile d'établir un bilan global de disparus -- en majorité des hommes--, en l'absence d'une base de données de l'ensemble des noms collectés.

Au centre de Benghazi, fief de l'insurrection, des photos de disparus sont plaquées sur les murs des hôpitaux et d'un tribunal.

Le registre du tribunal fait état de 170 noms, entre disparus et prisonniers.

"Les gens peuvent mieux tenir le coup quand ils savent que leurs proches sont tués ou faits prisonniers.Mais la +disparition+ d'une personne crée une angoisse extrême", dit Salma Hweidi, une volontaire du Croissant Rouge travaillant dans un comité chargé de rechercher les disparus.

Plus de deux mois de violences, auxquels s'ajoutent des réseaux de communications défaillants, ont fait craindre aux familles le pire.

Celles divisées par la ligne de front sont les plus touchées.

"Nous avions si peur pour eux et ils avaient si peur pour nous ", se souvient à Benghazi Najwa Ali Amer, 50 ans, mère de six enfants.Elle a pu contacter sa famille à Tripoli grâce à une cabine téléphonique installée par le Croissant Rouge.

Amnesty international a évoqué plusieurs cas de "disparitions forcées" aux mains des forces de Kadhafi depuis l'éclatement du conflit à la mi-février.

"Le sort de beaucoup reste inconnu", souligne Salma.

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