Libye: combats à Misrata malgré l'annonce d'une pause par le régime

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MISRATA (Libye) (AFP)

Les combats ont repris dimanche à Misrata malgré l'annonce par le régime d'une pause dans ses opérations contre les rebelles dans cette ville assiégée de l'ouest de la Libye, où la situation humanitaire inquiète la communauté internationale.

Samedi soir, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaïm a assuré que les forces gouvernementales avaient "suspendu leurs opérations" à Misrata à 200 km à l'est de Tripoli, devenue le théâtre d'une véritable guérilla urbaine entre insurgés et troupes du régime de Mouammar Kadhafi.

Cette suspension vise à permettre aux tribus locales de trouver une solution pacifique, a expliqué M. Kaïm, assurant que celles-ci étaient "déterminées à résoudre le problème dans un délai de 48 heures" dans cette ville rebelle assiégée depuis deux mois et où se concentrent les combats actuellement.

Mais aux premières heures de dimanche, après une journée de combats intenses et sanglants, des roquettes Grad ont explosé en rafales sur la ville et des tirs d'armes automatiques se sont fait entendre, quasi sans interruption, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Des rebelles ont confirmé l'arrivée côté loyaliste de combattants tribaux en civil."On se bat parfois contre des hommes portant des uniformes de l'armée et parfois contre des hommes en civil.Il y a maintenant des combattants tribaux, venant du Sud", a expliqué Omar Rajab, un combattant rebelle de 29 ans.

La journée de samedi a été la plus meurtrière depuis le début des combats à la mi-février: au moins 28 morts et une centaine de blessés, près de trois fois plus que la moyenne quotidienne des jours précédents, selon le docteur Khaled Abou Falra au principal hôpital de Misrata.

Un journaliste français, qui travaillait pour des blogs et dont l'identité n'a pas été communiqué, a été touché samedi soir par une balle perdue.Grièvement blessé, il a été opéré et était tiré d'affaire, selon des sources médicales.

Les rebelles ont annoncé avoir réussi à faire reculer les pro-Kadhafi.Une importante portion de la rue Tripoli, ligne de front, est passée sous contrôle rebelle et les insurgés ont repris l'immeuble Tameen d'où des tireurs embusqués sévissaient depuis des jours, selon des combattants et un journaliste de l'AFP.

"Les hommes de Kadhafi reculent", a assuré le dr Hakim Zaggut en revenant du front."La révolte essaie de les encercler dans l'ancien hôpital public, c'est le dernier endroit qu'ils tiennent à peu près".Mais "c'est loin d'être terminé".

Pour la première fois depuis l'intervention militaire internationale le 19 mars, un drone américain a frappé.L'armée américaine, qui tient à rester en retrait des opérations après avoir été très présente les premières semaines, a annoncé que deux drones armés survolaient désormais la Libye en permanence.

L'un d'eux a mené ses premières frappes samedi, détruisant un "lance-roquettes multiple" (orgue de Staline) près de Misrata.

Malgré l'aide humanitaire livrée par mer, surtout par les ferries de l'Organisation internationale des migrations (OIM) qui font la navette avec Benghazi plus à l'Est pour évacuer les migrants de toutes nationalités, la situation se dégrade à Misrata où l'alimentation d'eau est coupée.

"Nous manquons de tout, équipement, personnel et médicaments.On opère à la chaîne dans tous nos blocs", a déclaré le Dr Abou Falra, alors que les ambulances se succédaient toutes les 5 ou 10 minutes.

Parallèlement, l'Otan a mené de nouveaux raids nocturnes sur Tripoli, fréquemment survolée par des avions de chasse de l'Alliance.Plusieurs explosions ont été entendues dans la capitale, selon des journalistes de l'AFP qui n'étaient pas en mesure de déterminer les cibles visées.

L'une des explosions a fait trembler l'hôtel où sont cantonnés les journalistes étrangers accrédités près du centre-ville, et des tirs intenses de DCA et d'armes automatiques ont retenti dans plusieurs quartiers.

 L'Otan a annoncé que plus de 3.000 sorties avaient été effectuées depuis qu'elle avait pris le commandement des opérations fin mars, dont la moitié ont servi à des frappes.

Selon le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), plus de 570.000 personnes ont fui la Libye depuis le début le 15 février de la révolte contre le régime.

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