Tchad: le président Deby favori d'une présidentielle sans ses grands adversaires

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N'DJAMENA (AFP)

L'abstention sera l'un des principaux enjeux de la présidentielle de lundi au Tchad, le président Idriss Deby étant quasi assuré de l'emporter en raison du boycottage des trois principaux opposants.

"Les gens dans la rue disent: +c'est MPS, contre MPS+", dit en souriant, en référence au parti présidentiel, le Mouvement patriotique du salut, un chauffeur de taxi qui insiste pour garder l'anonymat.

Les trois opposants, Saleh Kebzabo de l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR, 9 sièges à l'Assemblée nationale), Wadal Abdelkader Kamougué de l'Union démocratique pour le renouveau (UDR, 7 sièges) et Ngarlejy Yorongar de la Fédération action république (Far, 4 sièges), qui réclamaient notamment de nouvelles cartes d'électeurs après les législatives de février qu'ils qualifient de "mascarade électorale", ont suspendu leurs candidatures et appelé au boycottage.

Deby est donc quasi assuré de remporter le scrutin.Arrivé au pouvoir par les armes en 1990, +IDI+, qui brigue un quatrième mandat (élu en 1996, 2001 et 2006, lors d'un scrutin déjà boycotté par l'opposition), n'en fait pas mystère lui-même.

Vendredi, il s'est dit "certain" d'être réélu, s'est félicité d'avoir "fait des choses dans ce pays".Il a assuré que l'élection serait "crédible" et jugé que ses adversaires n'allaient pas au scrutin notamment parce qu'ils redoutaient d'être battus et ne voulaient pas "crédibiliser ces élections" qu'il va gagner.

Aux législatives du 13 février, première élection à laquelle participait l'opposition depuis 2002, le MPS a raflé 113 des 188 sièges.

 Pendant un immense meeting de Deby pour le dernier jour de la campagne électorale samedi, dans le grand stade bondé de N'Djamena qui peut accueillir 20.000 personnes, le speaker scandait "premier tour".En rassembleur, le candidat a invité en arabe et en français à "abandonner les idées qui divisent" et a proposé aux trois opposants de le rejoindre.

Plus tôt dans la journée de samedi, ces derniers se sont rassemblés sur un terrain poussiéreux de la capitale pour réitérer leur appel au boycottage devant un gros millier de personnes, après s'être vu interdire de mener une campagne de sensibilisation à travers le pays sur leur retrait.

"Voter le 25 avril, c'est se suicider.C'est s'autodétruire", ont-ils prévenu dans un "appel" commun.Ils ont demandé au Tchadiens de "ne pas cautionner le brigandage électoral en cours", également qualifié de "cirque électoral".

Sans les principaux opposants, "l'enjeu, il faut le voir à travers le taux d'abstention", a confié un observateur tchadien, pour qui "le débat politique est très fourni entre les parties qui ont décidé d'aller aux élections et celles qui n'y vont pas".

 Deby a prédit un taux de participation supérieur aux législatives (56,6 pc).

"Il y aura une très forte abstention", a répondu samedi Yorongar."Le boycottage sera suivi, mais le système de fraude va faire en sorte que Deby aura 90, 95%".

En 2006, l'opposition avait déjà boycotté la présidentielle.Opposition et pouvoir ont signé par la suite l'"accord du 13 août 2007" dont le but était la démocratisation du régime afin notamment de ramener l'opposition dans le jeu électoral.

Outre Deby, deux autres candidats restent en lice: le ministre Albert Pahimi Padacke et l'avocat-opposant Nadji Madou.

4,8 millions d'électeurs sur une population de 11,5 millions de Tchadiens sont appelés à élire leur président pour un mandat de cinq ans.

Depuis le réchauffement des relations avec le Soudan, le régime de Deby semble à l'abri des "rezzous" (raids) rebelles, d'autant qu'avec ses nouveaux pétro-dollars, il a pu renforcer son armée.

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