Trois personnes ont été tuées par des bombes dans le nord-est du Nigeria, alors que le pays doit choisir mardi la plupart de ses gouverneurs après des violences post-présidentielles ayant fait plus de 500 morts selon une ONG locale.
Les explosions se sont produites dans la soirée du dimanche de Pâques et lundi matin en différents endroits de Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno, selon la police qui a mis en cause la secte islamiste Boko Haram.
Trois bombes déposées dans un hôtel et une gare routière de Maiduguri ont explosé, causant la mort de trois personnes, dont un policier.Les attentats ont aussi fait 14 blessés, dont deux mineurs, a affirmé à l'AFP le chef la police de l'Etat de Borno, Mike Zuokumor.
Toutes ces victimes se trouvaient à l'hôtel ou dans ses abords.
Les présumés membres de Boko Haram ont encore frappé lundi matin, en lançant une bombe de fabrication artisanale contre un fourgon de patrouille policière.Un policier a été grièvement blessé, ajouté M. Zuokumor.
"Nous avons mis nos hommes en alerte pour les élections de gouverneurs (...), nous n'allons pas nous laisser intimider par des terroristes", avait-il assuré plus tôt dans la journée.
Ces derniers jours, des responsables fédéraux nigérians avaient aussi indiqué avoir mis les forces de défense et de sécurité en état d'alerte pour prévenir des violences après les élections, jugées à risque, des gouverneurs et des assemblées prévues mardi dans deux tiers des 36 Etats du pays, dont Borno.
Accusée ces derniers mois d'assassinats de policiers, dirigeants communautaires et d'attaques d'églises dans le nord du Nigeria, Boko Haram affirme se battre pour la création d'un Etat islamique au Nigeria, dont le Nord est majoritairement peuplé de musulmans et le Sud à dominante chrétienne.
Dans la journée de dimanche, la secte avait distribué à Maiduguri des tracts annonçant de nouvelles actions et réitérant son combat "du jihad au Nigeria".
Ces nouvelles explosions viennent allonger la série de celles qui ont affecté le Nigeria depuis début avril, que ce soit des manipulations accidentelles ou de vrais attentats.Maiduguri avait déjà été touchée le jour des législatives du 9 avril, ainsi qu'à la veille et le jour même de la présidentielle du 16 avril.
Autant de choses qui font craindre de nouvelles violences après les émeutes meurtrières qui ont suivi la présidentielle, un scrutin remporté (avec 57% des voix) par le chef de l'Etat sortant, Goodluck Jonathan, un chrétien originaire du Sud.
M. Jonathan affrontait 19 candidats dont le principal était un ex-chef de junte militaire, le général Muhammadu Buhari, un musulman originaire du Nord, crédité de 31% des suffrages mais qui conteste les résultats du scrutin.
Les violences ont essentiellement affecté le nord du pays, notamment Kaduna, Kano, Bauchi.Elles ont fait plus de 500 morts, selon l'ONG nigériane de défense des droits civiques Civils Rights Congress, se fondant sur des informations de terrain de ses équipes.
Ce bilan, communiqué dimanche, pourrait cependant être plus lourd, des données étant toujours en train d'être recueillies, a précisé à l'AFP Shehu Sani, responsable de l'organisation basée à Kaduna.
Les violences post-électorales ont aussi provoqué le déplacement de quelque 74.000 personnes, d'après la Croix-Rouge nigériane.
Les autorités ont refusé de fournir tout bilan, officiellement pour ne pas aggraver les tensions intercommunautaires.
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