L'opposition politique au Sud-Soudan a qualifié mardi de "dictatorial" le projet de Constitution intérimaire du futur Etat indépendant, déplorant une concentration du pouvoir entre les mains du parti au pouvoir et un report des élections prévues après l'indépendance.
"Cette Constitution est rédigée au bénéfice exclusif du SPLM (Mouvement populaire de libération du Soudan)...Nous pensons qu'elle est dictatoriale et nous la rejetons", a déclaré Peter Adwok Otto, porte parole du principal parti d'opposition au Sud-Soudan, le SPLM-Changement démocratique.
"Ils ont mis en place une période de transition de quatre ans, alors que nous souhaitions 18 à 20 mois maximum.Il est évident que le SPLM a peur des élections", a-t-il accusé.
Le projet de Constitution intérimaire remis au président de la région semi-autonome du Sud-Soudan Salva Kiir lors d'une cérémonie la semaine passée prévoit de ne plus limiter la présidence à deux mandats, comme prévu dans le texte rédigé lors du traité de paix de 2005.
En outre, il confie un mandat de quatre ans au président à compter du 9 juillet 2011, au lieu d'organiser des élections dans la foulée de l'accession à l'indépendance.
Le texte doit encore être approuvé par le Parlement - au sein duquel le SPLM de M. Kiir détient un large majorité.
La révision de la Constitution a été marquée par des différends au sein de la commission chargée de mener les réformes, dont six membres - notamment des personalités de l'opposition -- ont démissionné, faisant valoir qu'ils étaient exclus des discussions.
"Lorsque que nos partisans ont participé au processus de révision intérimaire de la Constitution, ils ont toujours été frustrés", a souligné M. Adwok.
Salva Kiir, au pouvoir depuis la mort en 2005 du leader rebelle John Garang, a été élu en avril dernier pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de la région autonome du Sud-Soudan, et la Constitution intérimaire ne prévoit donc qu'une courte prolongation de ce mandat.
Le texte revendique également le contrôle d'Abyei, province contestée riche en pétrole à la lisière entre le Nord et le Sud, ce que le gouvernement central à Khartoum a aussitôt rejeté.
"Ce projet de Constitution, notamment ce qu'il dit sur la province d'Abyei, n'a aucune portée et ne sera pas accepté par le gouvernement soudanais", a fait valoir Rabie Abdel Ati, un dirigeant du NCP, le Parti du congrès national au pouvoir dans le Nord.
Le Sud-Soudan a voté en faveur de son indépendance lors d'un référendum en janvier, et doit la proclamer le 9 juillet.Un autre référendum simultané devait permettre à Abyei de choisir son rattachement au Nord ou au Sud, mais il a été reporté sine die, en raison notamment d'un différend sur le droit de vote.
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