Abidjan: les forces de Ouattara attaquent le fief de l'ex-putschiste Coulibaly

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ABIDJAN (AFP)

Les Forces républicaines du nouveau président ivoirien Alassane Ouattara ont lancé mercredi une offensive dans le nord d'Abidjan contre le fief de l'ex-putschiste Ibrahim Coulibaly, rival du Premier ministre Guillaume Soro, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Les Forces républicaines sont en train d'attaquer le quartier PK18 à Abobo.On avait ordonné hier (mardi) à nos hommes là-bas de déposer les armes, comme l'avait demandé le chef de l'Etat.Ils avaient commencé à le faire et à ma grande surprise on est attaqué", a déclaré à l'AFP par téléphone Félix Anoblé, adjoint d'Ibrahim Coulibaly.

"Il n'y a pas de pertes en vies humaines.La population reste enfermée chez elle", a-t-il ajouté, précisant qu'Ibrahim Coulibaly, dit "IB", se trouvait sur place.

Un responsable des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) sur place a confirmé à l'AFP qu'une opération était en cours à Abobo pour "chasser" les hommes d'Ibrahim Coulibaly.

Un témoin a précisé avoir vu des dizaines de pick-up surmontés de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes des FRCI converger vers Abobo et engager le combat avec les partisans d'IB.

Après des échanges soutenus à l'arme lourde dans la matinée, les tirs se faisaient plus sporadiques avant de reprendre vers 12H00 (locales et GMT), a constaté un journaliste de l'AFP.

"Il reste une poche de résistance qu'on va tenter de réduire", a déclaré à l'AFP le général Michel Gueu, des FRCI.

Les Forces républicaines, qui ont pris position autour de la zone où "IB" a établi son quartier général, ont entamé un ratissage, fouillant les maisons et invitant les partisans d'Ibrahim Coulibaly à déposer les armes.

"Dites à vos enfants, à vos frères, qu'+IB+, c'est fini.La vie doit reprendre son cours normal", a expliqué à la population près de la zone des combats le commandant FRCI Cherif Ousmane.

Ibrahim Coulibaly est le chef du "commando invisible", qui avait déclenché en janvier une insurrection contre le président sortant Laurent Gbagbo, prenant le contrôle de larges zones du nord d'Abidjan et déstabilisant le régime bien avant l'arrestation de M. Gbagbo le 11 avril.

Le président Ouattara avait menacé vendredi de "désarmer par la force" ces hommes ainsi que les miliciens pro-Gbagbo du quartier de Yopougon (ouest), s'ils ne déposaient pas "rapidement" les armes.

Mardi soir, Félix Anoblé, qui avait rencontré dans la journée des chefs des FRCI, de la mission de l'ONU (Onuci) et de la force française Licorne, avait indiqué qu'Ibrahim Coulibaly avait demandé à ses hommes de déposer les armes.

"Peut-être qu'ils croient qu'on peut désarmer en deux secondes.On demandait une semaine, dix jours, le temps de bien expliquer aux combattants qu'ils doivent désarmer sans conditions.Il faut les convaincre qu'ils peuvent déposer les armes sans craindre pour leur vie", a assuré mercredi Félix Anoblé.

Pour sa part, "IB", l'un des meneurs de la rébellion de 2002 qui avait échoué à renverser M. Gbagbo, avait demandé à être reçu par le chef de l'Etat pour se mettre à sa disposition.Son entourage avait mis en cause le Premier ministre Guillaume Soro, accusé de faire obstacle à cette demande.

M. Soro est l'adversaire historique d'Ibrahim Coulibaly au sein de la rébellion de 2002, dont il prit finalement la tête et qui forme désormais le gros des FRCI.

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