Des résultats parcellaires ont commencé à être communiqués mercredi au Nigeria au lendemain des élections des gouverneurs, marquées par plusieurs incidents qui ont accru la tension perceptible depuis les émeutes meurtrières ayant suivi la présidentielle.
Selon ces premières tendances, locales et non-officielles, le parti du président réélu Goodluck Jonathan était en ballottage dans l'Etat d'Enugu (sud-ouest) mais gardait sans surprise le contrôle de l'Etat pétrolifère de Rivers (sud).
Dans le pays, beaucoup craignaient de voir dégénérer une éventuelle contestation des résultats, comme cela s'est produit après la présidentielle du 16 avril: les émeutes ont fait plus de 500 tués, essentiellement dans le Nord, selon une ONG et quelque 74.000 déplacés selon la Croix-Rouge.
"Pour l'instant, la police est en état d'alerte et déployée sur le terrain pour prévenir des réactions violentes comme celles que nous avons connues après la présidentielle", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police, Olusola Amore.
Après des législatives le 9 avril puis la présidentielle, les Nigérians sont retournés aux urnes mardi pour choisir les gouverneurs de 24 des 36 Etats de la fédération, pays le plus peuplé d'Afrique avec près de 160 millions d'habitants et premier producteur africain de pétrole.
Ce vote se tiendra jeudi dans deux Etats du Nord, Kaduna et Bauchi.Dix Etats en ont été exemptés pour raisons judiciaires ou parce qu'ils en ont tenu récemment.
Sur les deux jours de vote, les électeurs doivent aussi renouveler les parlements des 36 Etats.Les résultats devraient être connus au plus tard 48 heures après les scrutins.
Des tentatives de fraudes électorales et des vols de matériel électoral ont été signalés dans différents Etats mardi, et ont conduit à plus de 20 arrestations dans l'Etat de Borno (nord-est) mais les incidents les plus graves se sont produits à Maiduguri, capitale de Borno.
Cette ville a été le théâtre de trois explosions de bombes, qui n'ont pas fait de victimes, et de tirs contre un bureau de vote, ayant fait un mort et quatre blessés, selon le chef de la police de Borno, Michael Zuokumor.Le tireur, membre présumé de la secte islamiste Boko Haram, était activement recherché mercredi.
Les policiers y ont aussi arrêté sept jeunes -de 18 à 25 ans- qui tentaient de déposer une bombe dans une rue passante.Tous sont supposés membres de Boko Haram, déjà auteur selon la police d'attentats à la bombe à Maiduguri (3 morts, 15 blessés les 24 et 25 avril).
A Warri, capitale de l'Etat du Delta (sud), la police a découvert deux bombes non explosées, qu'elle a désamorcées.L'un des engins a été récupéré près des bureaux de la commission électorale.
Autant de choses qui accentuent la tension dans le pays, après les émeutes post-électorales.
La commission électorale a minimisé ces incidents, "isolés" selon son porte-parole, Kayode Idowu.Les opérations de vote ont été marquées par un taux de participation élevé en certains endroits, faible en d'autres "mais en général, c'était bien", a soutenu mercredi un autre responsable électoral, Solomon Soyebi.
D'après différentes sources, la participation a été généralement moindre que pour la présidentielle.A Kano (nord), capitale de l'Etat du même nom, des déplacés ont refusé d'aller voter par crainte de nouvelles violences.Des analystes avaient déjà souligné ces craintes, susceptibles de conduire à une forte abstention.
Les gouverneurs, qui gèrent pendant quatre ans d'énormes budgets grâce aux revenus du pétrole, sont très influents et leurs élections sont jugées à risque.Le parti présidentiel (27 gouverneurs avant le vote) était pronostiqué en position défavorable face à l'opposition, qui tenait notamment l'Etat de Lagos et sa puissante capitale économique éponyme.
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