Le Malawi a décidé d'expulser l'ambassadeur de Grande-Bretagne, Fergus Cochrane-Dyet, suscitant les réprobations de la représentation de l'Union européenne au Malawi qui a qualifié mercredi cette mesure "d'injustifiée et d'inapropriée".
La querelle entre les deux pays résulte d'un mémo interne qui avait fui dans la presse où M. Cochrane-Dyet déclarait que le président Bingu wa Mutharika devenait "encore plus autocratique et intolérant vis-à-vis des critiques".
La Commission européenne a qualifié "d'injustifiée et d'inappropriée" la décision, "qui est apparemment basée sur des propos rapportés dans les médias et qui n'ont pas été confirmés", a indiqué l'UE dans un communiqué à l'AFP.
"Le gouvernement du Malawi a officiellement informé mardi le ministère britannique des Affaires étrangères que Fergus avait été déclaré persona non grata," a indiqué vice-consul britannique Lindsay McConaghy.
M. McConaghy a indiqué dans un document interne que le gouvernement britannique avait auparavant prévenu ce petit pauvre d'Afrique australe que cette escalade diplomatique aurait des conséquences sur les relations bilatérales et que Londres allait publier une déclaration officielle sur cette annonce d'expulsion.
Le vice-consul britannique indique dans le document qu'"il y aura de sérieuses conséquences pour le Malawi".
Il ajouté que "la gouvernance du pays continue à se détériorer en terme de liberté de la presse, de liberté de parole et de droit des minorités".
Le Malawi a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1964 et Londres reste le plus gros donateur de ce pays où la moitié des 13 millions d'habitants vit en dessous du seuil de pauvreté avec moins d'un dollar par jour.
La Grande-Bretagne a réduit son aide l'an dernier de 3 millions de livres (3,4 millions d'euros, 4,9 millions de dollars) après s'être inquiétée de l'achat par le Malawi d'un avion pour son président pour 13,26 millions de dollars.
Le Malawi a expliqué que cela revenait moins cher que de louer un avion pour chaque déplacement présidentiel.
Le mois dernier, les pays donateurs avaient souligné que les nouvelles restrictions imposées aux médias et à l'état de droit et l'incertitude sur la tenue des élections locales pourraient influer sur l'aide.
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