Un attentat "terroriste" visant jeudi le coeur touristique du Maroc a fait au moins 15 tués dont des étrangers et le roi Mohammed VI a réagi en exigeant une enquête rapide.
Selon des sources officielles marocaines, un kamikaze s'est fait exploser dans un café trés fréquenté de la célèbre place Jamâa El-Fna, à Marrakech, la grande ville de villégiature, à 350 km au sud de Rabat.
Cette attaque a fait quinze tués dont six Français et trois Marocains et une vingtaine de blessés, dont sept Français, selon des sources médicales citées par la télévision publique marocaine ou contactées par l'AFP.
Rabat et Paris ont dénoncé un acte terroriste.
Le président français Nicolas Sarkozy a condamné cet "attentat terroriste", un "acte odieux, cruel et lâche".Paris a reconnu qu'il y avait des Français parmi les victimes, sans préciser s'il s'agissait de tués ou de blessés.
Dans une déclaration à l'AFP, le ministre marocain de la communication Khalid Naciri, a stigmatisé "un acte terroriste"."Le Maroc est confronté aux mêmes menaces qu'en mai 2003 et il y fera face avec la diligence et volontarisme", a-t-il ajouté.
Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière dans cette monarchie d'Afrique du Nord depuis des attentats menés par des extrémistes islamistes à Casablanca en 20O3, qui avaient tué 33 personnes et 12 kamikazes.
Le Maroc, un pays de 32 millions d'habitants dont l'économie est en notamment liée au tourisme, a été relativement épargné par les révoltes qui secouent le monde arabe depuis le début de l'année.
Toutefois, des manifestations en faveur de changements démocratiques ont eu lieu dans le pays en février, et le roi Mohammed VI a promis d'importantes réformes démocrate.
Le souverain, qui a succédé à son père en juillet 1999, a prestement réagi et exigé que la police et la justice tiennent le public informé des conclusions de leur enquête, selon un communiqué du cabinet royal.
Un responsable de la préfecture de Marrakech a estimé qu'"il pourrait s'agir d'un acte perpétré par un kamikaze"."Nous avons trouvé des clous dans l'un des corps", a-t-il indiqué, suggérant que la bombe était composée d'explosif et de morceaux d'acier.
L'attentat a visé le café-restaurant Argana, un lieu très fréquenté par les visiteurs étrangers à Marrakech.
L'explosion s'est "produite sur la terrasse du café", a assuré à l'AFP Latifa Idrissi, la femme d'un serveur --Yassine Bouzidi, 28 ans--, tué dans l'attentat.
Selon un autre client du café, indemne, "un individu est rentré au café.Il a commandé un jus d'orange et quelques minutes plus tard, il s'est fait exploser".
La façade du café et le premier étage ont été soufflés, et les tables et les chaises de la terrasse ont été dispersées.
Un étudiant qui se trouvait devant l'établissement a raconté avoir entendu trois fortes détonations et avoir vu des victimes fuir après l'explosion.
"Une femme a été projetée du haut de la terrasse du café.J'ai vu ensuite un homme complètement défiguré.Puis une fillette de 14 ou 15 ans, elle aussi défigurée.Les trois étaient des étrangers", a-t-il assuré au téléphone à l'AFP.
Un important dispositif policier a été mis en place pour évacuer les victimes et pour tenir à distance la foule des badauds.
Cette explosion intervient huit ans après les attentats islamistes du 16 mai 2003 à Casablanca.En 2007, un tentative avait été déjouée, toujours à Casablanca, et l'un des trois kamikazes avait été tué.
A la mi-avril, le roi Mohammed VI avait gracié de nombreux détenus politiques, dont des islamistes, dans un geste d'apaisement à l'égard des contestataires qui exigent des changements politiques profonds.
Début mars, le roi, dont le pouvoir n'a pas été remis en cause comme d'autres dirigeants arabes notamment en Tunisie, en Egypte et en Libye, a annoncé son intention de mettre en oeuvre d'importantes réformes avec un renforcement des pouvoirs du Premier ministre et du Parlement.
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