La police ougandaise a réprimé dans le sang des émeutes dans Kampala, vendredi, et le bilan de cette journée la plus violente en trois semaines de troubles en Ouganda s'élève à deux morts, onze blessés par balle et 360 arrestations.
La police a tiré à balle réelle et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants qui avaient érigé des barricades et brûlé des pneus en plusieurs points de la ville, en solidarité avec le chef de l'opposition Kizza Besigye interpellé violemment la veille, a constaté l'AFP.
Deux personnes ont été tuées par balle, près de 120 blessés ont été hospitalisés, dont onze par balle, a indiqué à l'AFP une porte-parole de la Croix rouge ougandaise, Catherine Ntabadde.
Plusieurs manifestants ont indiqué être descendu dans la rue pour dénoncer le traitement réservé à Kizza Besigye, arrêté jeudi pour la quatrième fois en moins d'un mois et maltraité par la police.
"Nous manifestons parce que Besigye a été arrêté si violemment", a expliqué Robert Ssekandi, taxi-moto de 41 ans.
La police "a rétabli l'ordre et la sécurité dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles" et procédé à environ 360 arrestations, a déclaré le ministre des Affaires intérieures Kirunda Kivejinja.
Le ministre a refusé de se prononcer sur l'usage de balles réelles par les forces de l'ordre, affirmant "devoir enquêter sur ce point".
Aux urgences de l'hôpital de Mulago, dans le centre-ville, les personnels médicaux ont du gérer l'afflux d'une soixantaine de patients, dont certains allongés à même le sol dans les couloirs.
Une représentante de l'organisation Human Rights Watch (HRW), Maria Burnett, a exigé une "enquête officielle" sur les tirs à balle réelle.
La veille, la police avait interpellé Kizza Besigye en brisant les vitres de sa voiture et en l'aspergeant de gaz lacrymogène, des images largement diffusées depuis sur les chaînes de télévision ougandaises.
M. Besigye est à la tête d'un mouvement contre la cherté de la vie enclenché le 11 avril, près de deux mois après sa troisième défaite à l'élection présidentielle face au chef de l'Etat Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.
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