L'Otan a rejeté samedi l'appel lancé par le colonel Mouammar Kadhafi à un cessez-le-feu et des négociations pour sortir de la crise en Libye, soulignant que les forces pro-Kadhafi devaient avant tout cesser leurs attaques contre des civils, a annoncé un responsable de l'Otan.
"Nous avons besoin de voir des actions, et non de paroles", a déclaré ce responsable de l'Alliance atlantique à l'AFP.
"L'Otan poursuivra ses opérations jusqu'à ce que toutes les attaques et les menaces contre les civils aient cessé, jusqu'à ce que toutes les forces pro-Kadhafi, y compris les tireurs embusqués, mercenaires et forces paramilitaires, soient rentrées dans leurs bases, et jusqu'il n'y ait plus aucun obstacle à l'accès à l'aide humanitaire pour toutes les personnes nécessitant une assistance", a-t-il détaillé.
"Nous continuerons à faire pression jusqu'à ce que le mandat de l'Onu soit rempli", a-t-il encore dit.
Dans une allocution à la télévision dans la nuit de vendredi à samedi, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a répété qu'il ne renoncerait pas au pouvoir et appelé la France et les Etats-Unis à négocier avec lui une sortie de la crise en Libye.
La France et les Etats-Unis, avec la Grande-Bretagne, avaient mené les premières opérations militaires en Libye lancées le 19 mars en vertu d'une résolution de l'ONU.Le commandement des opérations est passé à l'Otan fin mars.
"Nous pouvons résoudre nos problèmes entre Libyens sans nous battre, retirez vos flottes et vos avions", a lancé le leader libyen à l'adresse de l'Otan.
La résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui autorise à prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils en Libye, "appelle explicitement à la fin des attaques et des mauvais traitements sur les civils", a souligné le responsable de l'Otan.
Or "le régime a annoncé des cessez-le-feu à plusieurs reprises par le passé et a continué à attaquer des villes et des civils", a-t-il poursuivi.
"Quelques heures avant que le colonel Khadafi n'évoque une trêve, ses forces ont pilonné sans distinction Misrata", ville côtière située à 200 km à l'est de Tripoli et assiégée depuis deux mois, "tuant de nombreuses personnes, y compris des enfants.Ses forces ont tenté de miner le port pour bloquer l'accès à l'aide humanitaire pour les civils assiégés de Misrata", a-t-il détaillé.
"Tout cela doit s'arrêter et doit s'arrêter maintenant".
"Tout cessez-le-feu ou solution pacifique doit être crédible et vérifiable.Et il doit ouvrir la voie à une solution qui réponde aux demandes légitimes de la population libyenne pour des réformes politiques", a-t-il encore dit.
L'appel à la trêve et aux négociations du colonel Kadhafi est intervenu alors que Tripoli a menacé d'attaquer tout navire entrant dans le port de Misrata assiégé depuis deux mois et invité les rebelles à se rendre.
Le Conseil national de transition, organe politique des rebelles libyens, a de son côté également rejeté samedi l'appel du colonel Kadhafi à des négociations pour sortir de la crise, affirmant qu'il n'avait aucun rôle à jouer dans l'avenir de la Libye.
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